Sigle du Bureau des Mines et de l'Energie
République d'Haïti
BUREAU DES MINES ET DE L'ENERGIE
 
DIRECTION DE l'ENERGIE
 
 ENERGIE ET ENVIRONNEMENT EN HAÏTI

I.  Etat de la situation 
 
       Le Contexte 
       La situation énergétique en Haït 
       Les sources énergétiques utilisées 
       Les secteurs de consommation 
       Potentiel énergétique et perspectives 
      Consommation énergétique et environnemen 
      Energie et pollution en Haïti 
      Analyse du système énergétique haïtien 
      Nécessité d'une stratégie pour l'énergie domestique 

II. Stratégie pour l'énergie domestique 

    Les composantes de la stratégie 
       Les grandes lignes de la stratégie 
       Moyens de mise en oeuvre de la stratégie 
       Programme énergie et environnement 
       Conslusions  

III. Fiche technique des activités des projets identifiés   
 

Document du secteur  Energie
 
LE CONTEXTE 
 
Haïti est confronté à un processus de grave dégradation progressive de son environnement, dont les effets sont immédiatement perceptibles et parfois irréversibles, en particulier en terme de perte des sols et la diminution de la productivité agricole. Même si la problématique de cette dégradation implique des facteurs multiples (pression démographique, techniques agricoles, insécurité foncière) et dépasse donc le simple cadre énergétique, la consommation de combustible ligneux, et notamment la consommation urbaine de charbon de bois constitue un des principaux facteurs de la déforestation. Ce constat n’est pas nouveau: il a été fait et répété depuis plus d’une décennie, sans qu’aucun programme cohérent et complet n’ait été proposé et entrepris pour tenter de réduire cette forte pression croissante exercée sur la ressource.  

En dépit du fait que la dégradation de l’environnement a quasiment atteint son stade extrême, il n’y a pas eu d’inventaire récent des ressources forestières et de la biomasse, ni d’analyse sérieuse et quantifiée du processus de la déforestation. Faute des donnéees de base nécessaires sur l’état du stock de biomasse et son croît annuel se succèdent des constats alarmistes, annonçant la proche disparition du dernier arbre haïtien. Ces incertitudes sur l’offre de bois-énergie, l’évidence du processus de la déforestation en Haïti, liée à une demande accrue de la part des consommateurs de combustibles ligneux - en particulier le charbon de bois par la population de Port-au-Prince - bien plus que des contraintes majeures, constituent les axes portant les vecteurs principaux de l’ enjeu.  
 

 
 

LA SITUATION ENERGÉTIQUE EN HAÏTI 

Malgré l’état de dégradation de l’environnement haïtien, ce pays tire chaque année 80% de ses besoins énergétiques des ressources locales (bois de feu et charbon de bois 71%, bagasse 4% et hydroénergie 5%). Il en est donc résulté un déficit chronique des ressources ligneuses de plus de 50% chaque année. Les produits pétroliers contribuent à apporter les 20% restants de la demande annuelle en combustibles. 


LES SOURCES ENERGÉTIQUES UTILISÉES  

 Bois de feu et Charbon de bois 

Pour faire face aux besoins en combustibles ligneux, le pays est obligé d’abattre chaque année entre 12 à 30 millions d’arbres ce qui équivaut à une consommation oscillant entre 3.4 à 3.7 millions de tonnes de bois de feu (1.607.000 - 1.749.000 tonnes d’équivalent en pétrole). De ce total 34 à 37% sont prélevés pour être convertis en charbon de bois dont la quantité varie entre 250 et 280.000 tonnes chaque année.  

. Tableau 1. ESTIMATION DE LA CONSOMMATION DU BOIS DE FEU, 1993 
 
Secteurs de consommation
Quantité (en milliers)
%
Origine 
Tonnes 
m3
Bois de feu   

Ménages  

    Ruraux 
    Urbains
Boulangerie, Dry-Cleaning, Four à chaux 

Industrie rurale (moulins, guildives, huiles essentielles)

2655.0
 
 
2250.0
68.0
103.0
 
233.0
3865.0
 
 
3275.0
100.0
150.0
    
340.0
65.5
    

    

Bois mort, petit bois    
Bois vert, abattage   

Émondage, grands arbres non désirés, arbres récoltés le long des ravins (villes)   
Bois d’oeuvre et espèces fruitières

Charbon de bois   
  • Ménages urbains
  • Secteurs informel, autres 
1400.0
1150.0
250.0
2038.0
1674.0
364.0
34.5
Bois vert provenant des opérations de nettoyage, de jachère et d’écosystèmes fragiles (mangliers principalement) 
TOTAL
4055.0
5903.0
100.0
Utilisation du charbon de bois: 0.42 kg/capita/jour (Matly et Médina 1990)
Utilisation du bois de feu 1.5 kg/capita/jour. Secteur informel (ESMAP/BME 1991)
Boulangerie et Dry Clening (Grosenick et Kooi)

 
Le revenu tiré du charbon de bois seulement est de l’ordre de US $ 65 millions, tandis que celui tiré de tous les produits dérivés du pétrole est d’environ US $ 100 millions, dont 9.5 millions pour le GPL. Environ 30% du revenu du charbon de bois est redistribué dans le milieu rural. 

Utilisation de la bagasse 

Avec la disparition des centrales sucrières modernes, la consommation de la bagasse a beaucoup baissé en Haïti. Cependant, le potentiel de cette ressource énergétique locale, reste très élevé. Il a été estimé qu’une quantité de 140.000 tonnes de bagasse environ est disponible chaque année au niveau des moulins et guildives qui ne consomment que 15% de la quantité de bagasse produite. Les petits moulins produisant le sirop consomment uniquement la bagasse tandis que les mini-distilleries ou guildives, qui produisent de "l’alcool agricole" ou clairin à partir du sirop, consomment (à l’exception de quelques unes) le bois de feu comme combustible. Le potentiel énergétique de la bagasse produite dans les distilleries en Haïti oscille entre 37 et 56 mille tonnes équivalent en pétrole (TEP). 

 Utilisation de l’hydroénergie 

La production électrique à partir des ressources hydrauliques a commencé depuis 1971 après l’entrée en service de la Centrale Hydro-électrique de Péligre d’une capacité installée de 47.1 MW. Cette Centrale produit ordinairement entre 220 à 320 GWh suivant la variabilité des apports annuels du fleuve Artibonite. Par la suite l’ED’H a élaboré et éxécuté un programme de développement de minicentrales totalisant 7.8 MW réparties sur sept (7) sites, tous situés en province. Il s’agit de petites centrales dont la puissance installée varie entre 0,30 et 2,25 MW.(Voir tableau III pour détails) 

Ce potentiel hydroélectrique développé a rendu un service important à la communauté haïtienne au fur et à mesure de sa mise en service principalement dans les moments difficiles où l’Electricité d’Haïti se trouvait confrontée à des problèmes d’approvisionnement en combustibles pétroliers. 

En 1973 l’énergie hydroélectrique a permis de produire plus de 94% de l’offre en énergie électrique du pays. Au cours des ans la proportion a baissé jusqu’à atteindre de nos jours 40% de l’offre. Les prévisions pour les prochaines années accusent cette tendance à la baisse. 

Les produits Pétroliers 

L’importation des produits pétroliers n’a cessé d’augmenter, il est passé de 13% du bilan énergétique national en 1973, soit 969.000 barils à 20% en 1995, soit 2.006.312 barils. En 1990, on a même enregistré un record de 2.6 millions de barils de produits pétroliers importés. Cette croissance de la demande énergétique qui peut atteindre 150% pour certaines années n’est pas traduite en proportion dans l’économie haïtienne. Entre 1986 et 1989 la croissance de l’économie a même été négative malgré une augmentation de 8% environ de la consommation énergétique totale. La croissance de la consommation des produits pétroliers est en grande partie due à l’augmentation des demandes finales des secteurs des transports et de l’industrie. Le secteur des transports est responsable de 60% des augmentations enregistrées au niveau des hydrocarbures. En outre, le pays consacre entre 30 et 50% des devises générées annuellement par les exportations pour couvrir les importations de produits pétroliers. 


LES SECTEURS DE CONSOMMATION 

L’énergie produite ou importée en Haïti est utilisée dans quatre grands secteurs qui sont: le secteur domestique (constitué par le groupe des ménages, commerce et service), le secteur électrique, le secteur industrie (divisé en industrie moderne et industrie traditionnelle), et enfin le secteur transport (aérien, maritime et terrestre). 

Le secteur domestique 

Le secteur domestique demeure le secteur le plus important en terme de consommation énergétique globale. Il consomme en moyenne 70% du total réparti comme suit: le bois de feu et dérivés 95%, le kérosène 2%, l’électricité 2% et le GPL 1%. Cependant, ce secteur est très inefficace en terme de rendement à l’utilisation. Environ 20% seulement de toute l’énergie consommée est effectivement utilisée. 

Le Secteur Electrique 

Le secteur électrique malgré un poids élevé sur les investissements et sur la consommation des produits pétroliers (environ 20% par année), ne constitue que 2% du bilan énergétique national. Ses mauvaises performances (plus de 50% des pertes dues à la fraude), son faible taux de couverture (moins de 10% des ménages) et sa faible capacité installée (environ 30 Watts/habitants contre 346 Watts/habitant pour la région Caraïbe) en font un des principaux obstacles au développement économique et social du pays. 

Le Secteur Industrie 

Le secteur industrie représente entre 15 et 20% de la consommation finale d’énergie du pays. En 1989 son apport au PIB a été de 14.77%. L’énergie joue un rôle important dans le fonctionnement du secteur, c’est pourquoi il est impératif de maintenir et d’accroitre la fourniture d’énergie de façon à éviter toute rupture dans l’approvisionnement favorisant ainsi la croissance du secteur. 

Entre 160 à 200.000 tonnes de bois de feu sont consommés par l’industrie traditionnelle chaque année. Cependant l’utilisation de cette source d’énergie renouvelable est faite sans compensation. Ni les consommateurs, ni les institutions concernées n’ont pensé à l’aspect renouvellement de la ressource à travers un programme de production rationnelle de bois-énergie qui pourrait compenser ces prélèvements annuels importants. Le bois de feu utilisé dans l’industrie constitue donc l’une des causes de déforestation du pays (Moran et all. 1989). 

 Le Secteur Transport 

Les facteurs qui déterminent la demande toujours croissante d’énergie (environ 60% du volume total des produits pétroliers importés) dans le secteur transport sont multiples et doivent être controlés. Cette demande n’est pas simplement due à l’augmentation du parc automobile, estimé à plus de 100.000 véhicules toutes catégories confondues. Une bonne partie de cette demande est occasionnée par l’absence de controle de la qualité du parc automobile, le mauvais état des routes, les embouteillages monstres enregistrés dans les villes ainsi que l’inefficacité de la gestion de la circulation automobile dans les centres urbains. 


POTENTIEL ENERGÉTIQUE ET PERSPECTIVES 

Dans une perspective de pallier à ces carences, il est difficile de compter sur les sources d’énergies locales conventionnelles. On ne connait à date que l’existence d’un petit gisement de lignite de très mauvaise qualité avec des réserves prouvées de 13 millions de tonnes environ. Cependant en mettant à profit le potentiel élevé en énergies renouvelables, principalement l’énergie solaire, l’énergie éolienne, les déchets de toutes sortes soit sous leur forme directe (cas des déchets végétaux comme la bagasse) ou sous forme de biogaz (cas des déchets animaux et de ville), il est possible de changer la pratique énergétique actuellement en usage dans le pays. Il est néanmoins malheureux de constater qu’aucun effort n’est envisagé en vue de tirer parti de ces ressources disponibles en abondance. 

 
Tableau 2. Evaluation des ressources ligneuses d’Haïti en 1989.
 
Catégorie d’Occupation
Surface Estimée 
(en 1000 ha)
Bois sur Pied 
(en 1000 m3)
Forêts de feuillus 
Forêts de pins 
Formations Sylvo-Pastorales  
Mangroves 
Cultures Arborées Denses 
Cultures Arborées Claires 
Autres (cultures herbacées, etc)
144.0
68.0
290.0
15.0
170.0
400.0
1.683.0
7.800.0
2.320.0
5.155.0
525.0
5.100.0
6.400.0
10.093.0
TOTAL
2.700.0
37.395.0
 
Source: Association Internationale de Développement. Gestion des Ressources Naturelles en vue d’un  
Développement Durable en Haïti. No. 1786-HA Ministère de l’Economie et des Finances. BDPA/SCET AGRI. 1989, 2 vol.

 Potentiel en Ressources Ligneuses 

Les prélèvements annuels de bois de feu dépassent la capacité de régénération naturelle des arbres ce qui entraine un déficit manifesté par une diminution progressive du couvert végétal qui,de 60% en 1923, est passé à 18% en 1952 et à 1.44% en 1989. (Source ECMU/PNUD 1996)  

Ces réserves totales estimées pour l’année 1989 à 37.4 millions de m3 représentent six années de production en tenant compte de la demande totale en bois du pays (bois de feu et bois d’oeuvre) ce qui est effectivement inquiétant tenant compte du déficit accumulé dans la production du bois du pays depuis déjà plusieurs dizaines d’années. Si cette tendance se maintient il n’est pas alarmiste de dire que le "désastre écologique", annoncé pour Haïti au début du siècle prochain ,est imminent, malgré les performances, non documentées, mais constatées par les exploitants des zones semi-arides mises en defens peuplées de bayahonde, de gaiac et de délin, qui ont grandement contribué à la production du bois-énergie depuis déjà plusieurs dizaines d’années. 

Potentiel Bioénergétique  

On trouve en Haïti de nombreux déchets végétaux provenant du café, du coton, des cultures céréalières et de l’extraction des huiles essentielles. Du point de vue énergétique ces déchets sont utilisables, cependant étant donné leur grande dispersion il est très difficile de les utiliser à l’endroit où ils sont générés. De plus la spécificité propre à chacun de ces déchets fait appel à des techniques spéciales pour chacun d’eux. Les déchets de ferme (fiantes de poulets, bouse de vache, de porcs, de cabrits, des équidés, etc… ) ainsi que les déchets de ville peuvent facilement être convertis en biogaz prêt à l’usage. Cependant, le problème de collecte doit d’abord être maitrisé principalement pour les déchets de ville et dans le cas de l’élevage libre. 

Potentiel hydroénergétique 

On évalue à 153.58 MW le potentiel énergétique total des sites hydroélectriques non développés en Haïti. De ce total 85% (soit 130.7 MW) sont constitués par 4 grosses centrales allant de 22 à 45 MW et le reste 15% (soit 22.58 MW) sont constitués de 27 petites centrales allant de 0.10 à 2.57 MW avec des hauteurs de chute variant de 2.1 à 111.0 mètres. Ce sont donc des mini et micro centrales capables d’utiliser les deux types principaux de turbines les plus exploitées à travers le monde: les turbines à réaction et les turbines à action.  

 Potentiel en d’autres sources d’énergies nouvelles 

L’énergie solaire a toujours été utilisée en Haïti sous forme directe soit pour le séchage des linges, des produits agricoles et de la pêche. Ce n’est que tout récemment que des applications technologiques de l’énergie solaire ont fait leur apparition dans les moeurs de la société haïtienne. Ceci s’est amplifié au cours de la période d’embargo avec l’importation massive de modules photovoltaïques destinés au secteur domestique en particulier, pour suppléer aux longues coupures d’électricité en réseau. Cependant, il y a un effort certain à faire avant de pouvoir exploiter de façon rationnelle le potentiel d’Haïti en énergie solaire. Car la position géographique d’Haïti, située juste au Nord de l’Equateur (20 degrés de latitude) lui permet de bénéficier d’un ensoleillement moyen de 5-6 heures par jour à longueur d’années. 

Le potentiel éolien d’Haïti est surtout concentré dans le Nord’Ouest principalement sur le versant nord de l’île de la Tortue où les vents ont une vitesse moyenne de 5-7 mètres par seconde, ce qui est relativement intéressant pour des applications telles l’exploitation d’aérogénérateurs (production de courant électrique) et le pompage d’eau souterraine. Néanmoins, les choix technologiques sont importants dans chacun des cas.  


CONSOMMATION ENERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENT 

Les effets de la longue pratique énergétique nationale sont encore d’avantage ressentis sur l’environnement. Certains sont immédiatement perceptibles d’autres le seront à moyen et long terme. Les chiffres concernant le déboisement sont des plus alarmants et traduisent bien l’état de la crise en matière de combustibles ligneux et le déboisement. Nous en avons relevé les plus frappants: 

La couverture forestière du pays déclina de 37% entre 1956 et 1978 et est actuellement estimée à seulement 1.44% de la superficie totale du pays, qui est de 27.500 km2 seulement.Le déboisement intensif du pays entraine une érosion accélérée des pentes, et est imputable à la satisfaction des besoins énergétiques et alimentaires d’une population de plus en plus nombreuse. "Les forêts jouent un rôle déterminant dans la protection de l’environnement surtout dans les pays tropicaux à écosystèmes fragiles, où elles devraient représenter 50 à 60% de l’occupation de l’espace. Or dans un pays montagneux comme Haïti où ces critères sont réunis, il n’existe plus que quelques reliques de forêts naturelles de pins et de feuillus ne couvrant pas plus de 1.4% du territoire." 

D’après les calculs la perte totale annuelle en sols est évaluée à 36.6 millions de tonnes soit 1353 tonnes/km2/an. Ceci correspond à 2000 ha de sols érodés sur 1.2m d’épaisseur. A partir d’une évaluation de la production agricole d’un (1) km2 de cultures de 33 différents terroirs des superficies de ces cultures, et de la répartition de chaque classe de pentes, il a été possible de chiffrer les pertes annuelles par régions de planification à environ 2.350.000 dollars américains les pertes annuelles dues à l’érosion des terres agricoles, (BDPA-SCETAGRI octobre 1990 page 57), soit 77.55 millions de dollars au total, chiffres très conservateur dues à la diffficulté de trouver des données statistiques fines susceptibles de réduire les marges d’erreur.  

Malgré l’existence d’une abondante législation dans le domaine de la protection des ressources forestières et de l’environnement, la politique officielle de l’Etat en matière de gestion des ressources ligneuses n’est pas bien tracée. De nombreux efforts ont été déployés, surtout par les institutions internationales et les organismes non gouvernementales, pour contrecarrer cette tendance catastrophique. Cependant, l’absence d’un guide officiel en la matière a rendu ces efforts infructueux, voire totalement inopérant dans certains cas. L’échec constaté dans le domaine de la réhabilitation de l’environnement doit être recherché dans la culture haïtienne elle-même. On déboise par ignorance, on déboise pour la production d’énergie, on déboise pour augmenter l’espace agricole, on déboise pour la construction, on déboise enfin pour des raisons militaires et politiques.  


 ENERGIE ET POLLUTION EN HAÏTI 

Tous les systèmes de production, de conversion et d’utilisation de l’énergie ont des conséquences nuisibles sur l’environnement. La biomasse et les combustibles fossiles sur lesquels se base la structure énergétique d’Haïti ont des retombées sur l’environnement qui diffèrent selon le volume et les méthodes utilisées au cours des différentes étapes du processus. 

La biomasse 

La biomasse est souvent utilisée selon des méthodes peu rentables qui ne peuvent en garantir l’exploitation durable. L’abattage inconsidéré des arbres et le défrichage des lots boisés aux fins de production de combustibles ligneux contribuent au déboisement et partant, favorisent la désertification, l’envasement des réservoirs, les glissements de terrain et les inondations, aggravant ainsi la pénurie des combustibles. 

Les réchauds à trois pierres et les foyers ouverts sans cheminée utilisés au moment de la combustion du bois-énergie sont à l’origine de problèmes de pollution qui peuvent être grave dans certaines circonstances. Les conséquences sanitaires de la combustion de la biomasse sont connues. Les risques d’exposition aux polluants auxquels sont soumis les occupants des habitations villageoises sont supérieurs à ceux résultant de l’intoxication tabagique passive dans les pays développés. Il en est résulté des maladies des voies respiratoires et des insuffisances pondérales à la naissance. 

Les combustibles fossiles 

Les risques de pollution associés à l’utilisation des combustibles fossiles sont surtout sérieux au niveau des agglomérations urbaines où se trouvent concentrés la plus grande partie des industries grosses consommatrices ainsi que la majorité de véhicules à moteur. Dans ce dernier cas la situation est assez sérieuse pour que des actions de réglementation soient envisagées dans le court terme. La nature et le niveau des polluants dégagés par les pots d’échappement des véhicules à moteur sont de nature à susciter des inquiétudes. Quand on sait que le niveau des polluants générés dans les transports et les industries (CO2, CO, SOx, NOx, et d’autres particules) ne sont pas réglementés, et compte tenu de la densité des kilomètres parcourus et de la densité de la population par km2 dans certaines régions de Port-au-Prince on en déduit que les risques de contamination de l’air sont élevés et partant, ceux encourus par la population. 


ANALYSE DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE HAÏTIEN 

Haïti est rangée parmi les pays qui consomment le moins d’énergie (dix fois moins d’énergie consommée au total et quatre fois moins d’énergie per capita que la moyenne de la région Amérique Latine et Caraïbe. Cette disproportion est encore plus flagrante quand on compare la consommation des villes à celles des campagnes haïtiennes. En Haïti un citadin consomme 13 fois plus d’énergie qu’un paysan puisque le premier consomme 0.51 Tep/hab alors que le second n’en consomme que 0.04. 

Les mauvaises performances du secteur énergétique sont dues notamment à une gestion inefficace ainsi qu’à l’absence totale de politique en la matière. Il n’est donc pas étonnant que tous les secteurs de la vie nationale en ressentent les contre-coups, l’énergie étant le moteur du développement. 

Les traits caractéristiques généraux observés dans le système énergétique haïtien sont les conséquences de la situation de sous-développement qui caractérise le pays. On y retrouve les phénomènes de dépendance par rapport à l’extérieur, de désarticulation par rapport à la situation locale, tant du coté de l’aprovisionnement que des usages, d’inadéquation aux besoins fondamentaux et d’agression sur le milieu naturel. 

On constate en Haïti que les sous-systèmes pétroliers, électrique et bois de feu ont évolué de façon autonome sans stratégie et politique énergétique d’ensemble, ce qui a donné lieu à bien des incohérences et des pertes d’efficacité. De même, très peu de cas a été fait des avantages qui pourraient découler de l’amélioration des performances dans l’utilisation des énergies traditionnelles ainsi que ceux qu’on pourrait obtenir par le recours éventuel aux énergies nouvelles. 

Le résultat des actions dans le domaine énergétique s’est traduit par un comportement des acteurs vis-à-vis de l’offre, ignorant les avantages d’une action efficace sur la demande grâce à une stratégie d’utilisation rationnelle de l’énergie. Et même dans ce cas les choix ont été laissés aux entreprises productrices dont la tendance naturelle est d’améliorer l’efficacité de leur propre sous-système et non celui du système énergétique dans son ensemble. Des possibilités de substitutions entre diverses sources n’ont pas été prises en compte, de même certaines solutions faciles ont été négligées telles l’adaptation des énergies nouvelles (solaire thermique, solaire photovoltaique, mini-hydraulique, éolienne, etc..,) aux besoins de développement de zones marginales et de zones isolées. 


NÉCESSITÉ D’UNE STRATÉGIE POUR L’ÉNERGIE DOMESTIQUE 

En vertu de ce qui précède, les exploitants du bois-énergie, les distributeurs et les vendeurs qui dépendent entièrement des revenus générés par cette activité subissent en même temps les dures conséquences de sa rareté. Quant aux consommateurs du charbon de bois, particulièrement les plus pauvres vivant dans les zones marginales des grandes villes, ils sont les plus touchés, étant obligé d’acquérir à un prix de plus en plus élevé une ressource de plus en plus rare avec des revenus de plus en plus limités. La surexploitation du potentiel ligneux concerne des espaces de plus en importants pour répondre entre autres à la demande de plus en plus croissante en charbon de bois des villes et en particulier de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Dans les zones de fortes pénuries en ressources ligneuses, la surexploitation se traduit par un processus de désertification dont les conséquences dépassent largement le problème de l’approvisionnement en bois. La déforestation, ainsi que les problèmes qui en résultent, inquiète les pouvoirs publics haïtiens. Aussi ont ils décidé d’agir sur les causes du problème qui ont été identifiés comme étant d’une part, la satisfaction de la demande énergétique des agglomérations urbaines et d’autre part, le sous emploi en milieu rural et les besoins de compléments de revenus qui incitent les paysans à diversifier leurs activités de production. 

Préoccupés par les conséquences écologiques, économiques et humaines que provoque la demande accrue du bois-énergie, le Ministère de l’Environnement dont la préoccupation principale est de lutter contre la dégradation de l’environnement, et le Bureau des Mines et de l’Energie dont la préoccupation principale est de promouvoir l’utilisation de l’énergie au moindre coût et sans risque pour l’environnement, ont décidé de prendre toutes les mesures en vue de proposer des alternatives aux exploitants, aux consommateurs et aux distributeurs du bois-énergie.  

  

DEUXIÈME PARTIE
 
STRATÉGIE POUR L’ÉNERGIE DOMESTIQUE

LES COMPOSANTES DE LA STRATÉGIE 

Le déficit provoqué par la surexploitation du bois-énergie en Haïti se situe à un niveau tel qu’il ne peut être résorbé que par une combinaison de maximum d’actions contribuant à accroître le potentiel forestier, à réduire les pertes et les gaspillages et à favoriser les substitutions au profit d’autres énergies d’origine locales ou importées. Un programme de plantations forestières quelle qu’en soit l’ampleur, ne pourrait résoudre le problème de surexploitation qu’après plusieurs décennies, le temps nécéssaire pour que les arbres puissent être exploitables. A court terme il est donc impératif de réduire la consommation de bois et de charbon de bois. 

C’est dans ce contexte que la stratégie proposée pour l’énergie domestique a été établie et définie en fonction des cinq (5) composantes suivantes: 

1. la mise en place d’actions de promotion de la consommation de produits énergétiques importés en substitution au produits ligneux locaux; 

2. le développement d’actions orientées vers la réduction de la consommation du bois-énergie, luttes contre les pertes et les gaspillages; 

3. la mise en place d’actions de promotion de la consommation des sources d’énergies endogènes, conventionnelles et non-conventionnelles, alternatives au bois-énergie;

  1. l’établissement de plantations énergétiques en prévision du reliquat de consommations urbaines futures de bois de feu et de charbon de bois.
  2. la mise en place d’actions de promotion visant la création de micro-entreprises dans le domaine de la technologie d’utilisation du bois de feu et du charbon de bois ainsi que des combustibles de substitution de ces produits.
Les activités ayant rapport au reboisement (plantations énergétiques) et à la gestion des forêts sont prises en main par les services compétents des Minsitères de l’environnement et de l’agriculture à travers différents projets supportés par les bailleurs de fonds internationaux. Elles ne seront pas étudiées en détail dans ce document. La stratégie pour l’énergie domestique mettra l’accent sur les aspects les plus désastreux pour l’environnement de l’offre (production) et de la consommation (demande) du charbon de bois. 


LES GRANDES LIGNES DE LA STRATÉGIE 

Le plan d’action de la stratégie repose sur deux (2) grands axes : a) des alternatives destinées aux consommateurs du bois énergie; b) des alternatives destinées aux exploitants du bois-énergie. 

Alternatives aux consommateurs du bois-énergie 

Les activités proposées seront de deux ordres: les options d’économie, de recyclage et/ou de substitution du charbon de bois et du bois de feu et les activités d’appui complémentaires. 

Option d’économie et de substitution du charbon de bois par des combustibles pétroliers 

Les options d’économie et/ou de substitution de charbon de bois ont pour objectifs de réduire annuellement de 29% environ la consommation en bois-énergie du pays après quatre années de mise en oeuvre des composantes de la stratégie soit 82,300 tonnes de charbon sur les 286,000 tonnes qui représenteraient la consommation totale annuelle prévue sans l’éxécution des projets. (voir tableau 6) 

Les principales options d’économie et/ou de substitution (conservation des ressources) retenues pour cette filière sont:

  • Promotion et commercialisation des cuisinières améliorées dans les résidences privées et dans le secteur informel (restauration de rues) dont l’objectif est de réaliser une économie partielle de 10.35%;
  • Incitation à une plus grande utilisation du gaz dans les familles qui utilisent déjà le gaz mais de façon irrégulière avec pour objectif de réaliser une substitution de l’ordre de 12.30%;
  • Promotion de l’utilisation de cuisinières au kérosène performantes, particulièrement dans les familles qui ne consomment que le charbon de bois;
  • Diffusion de cuisinières améliorées à charbon et à kérosène dans les cantines scolaires qui généralement utilisent le bois de feu comme combustibles au lieu du charbon de bois. 
Le projet de foyers améliorés et de substitution par les combustibles pétroliers 

L’étude de la mise en place de ces options a permis de retenir un projet intitulé "Cuisinières améliorées et substitutions par des combustibles pétroliers" subdivisé en six (6) grands volets: charbon de bois, kérosène, gas propane et butane, secteur informel, cantines scolaires et étude d’impact sur la consommation énergétique. Les tableaux suivants résument le budget du projet par composante, par année et par activité. 
 
Tableau 3. Projet de substitution de combustibles et de foyers améliorés 
(Budget résumé des activités en US $)

 
Activités
Projet
Commer-ciAlisation Campagne de promotion Suivi/eva- 

luation

Appui Technique Total 1-4
Charbon de bois 

Kérosène 

Gaz 

Secteur Informel 

Cantines 

Etude d’Impact

406.780.0
192.060.0
-
120.000.0
419.650.0
-
661.320.0
520.520.0
514.250.0
283.000.0
350.020
-
95.590.0
62.150.0
77.000.0
47.300.0
50.600.0
188.650.0
315.150.0
217.250.0
169.400.0
130.500.0
123.200.0
96.250.0
1.478.840.0
991.980.0
760.650.0
580.800.0
943.470.0
284.900.0
Total
1.138.490.0
2.329.110.0
521.290.0
1.051.750.0
5.040.640.0
Source: CARE-Haiti/ BME, Novembre 1997.

Tel que mentionné dans la fiche technique de chacun de ces volets annexée à ce document, et réflété dans le budget étalé dans le temps, l’accent sera mis au cours des deux premières années, en particulier, sur la composante cuisinières améliorées à charbon suivie des composantes kérosène et cantines scolaires. 
 
Tableau 4. Projet de substitution de combustible et de foyers améliorés 
(Budget résumé Annuel en US $)
Année
Projet
1
2
3
4
Total 1-4
Charbon de bois 

Kérosène 

Gaz 

Secteur Informel 

Cantines 

Etude d’Impact

571.362.0
297.231.0
80.080.0
185.460.0
285.714.0
83.820.0 
508.255.0
407.132.0
359.590.0
238.535.0
357.478.0
67.155.0
255.849.0
193.721.0
245.465.0
114.070.0
211.299.0
51.260.0
143.374.0
93.896.0
75.515.0
60.335.0
88.979.0
82.665.0
1.478.840.0
991.980.0
760.650.0
598.400.0
943.470.0
284.900.0
Total
1.503.667.0 
1.938.145.0
1.071.664.0
544.764.0
5.058.240.0

Source: CARE-Haiti/ BME, Novembre 1997. 

A la deuxième année débuteront des actions majeures sur les composantes GPL et secteur informel. L’aspect évaluation de l’impact sur l’environnement débutera dès la première année et se poursuivra jusqu’à la fin des projets avec un accent particulier à la dernière année. 

La mise en oeuvre de ce projet va entrainer dans l’économie des investissements au niveau des secteurs concernés en termes d’acquisition et de remplacement d’équipements, d’augmentation des importations en combustibles ainsi que des frais de gestion. Le tableau 5 suivant fait un résumé de ces invetissements par rubrique et par année.  
 
Tableau 5. Investissement total par rubrique et par année 
(en dollars américains)
 
Année
Rubrique
1
2
3
4
5
Total
(en ooo)
Cuisinières Améliorées 

Remplacement 

Restauration de rues 

Remplacement 

Cuisinières à kérosène 

Cuisinières à gaz (Bip) 
Coûts des Combustibles 
- Kérosène 
- GPL

65.000.0
-
3.000.0
-
169.000.0
 
880.000.0
 
297.000.0
1.407.000.0
195.000.0
65.000.0
23.000.0
3.000.0
394.000.0
 
1.980.000.0
 
694.000.0
4.572.000.0
347.000.0
195.000.0
46.000.0
23.000.0
675.000.0
 
1.760.000.0
 
 
1.190.000.0
5.978.000.0
 
437.000.0
347.000.0
66.000.0
46.000.0
1.125.000.0
 
2.640.000.0
 
1.983.000.0
7.033.000.0
 
-
434.000.0
 
66.000.0
-
-
 
 
1.983.000.0
7.033.000.0
1.044.0
1.041.0
138.0
138.0
2.363.0
7.260.0
 
 
6.147.0
26.023.0
Coût de gestion (Cantines non compris)
1.218.000.0
1.581.000.0
860.000.0
456.000.0
-
4.115.0
 Total
4.039.000.0
9.507.000.0
11.074.000.0
14.133.000.0
9.516.000.0
48.269.0

Source: CARE-Haiti/ BME, Novembre 1997.
 

Les besoins de financement sont donc seulement de l’ordre de 5 millions de dollars américains, cependant, le total des dépenses y compris le coût des combustibles de substitution importés (kérosène, GPL) et le coût de gestion du projet s’élèvent à 48 millions de dollars américains pour les cinq (5) premières années. 

Par ailleurs l’analyse coûts-bénéfices a abouti à des bénéfices nets de l’ordre de 24.75 millions de dollars américains et à une valeur actualisée à 12% de 15.37 millions de dollars américains. Ce qui indique que, en termes économiques, les options d’économie et / ou de substitution retenues sont assez intéressantes. 

Les résultats du projet 

Les résultats principaux du projet sont: 

    • la réduction de 28.8% de la consommation totale du charbon au niveau national à la fin de l’exécution du projet, ce qui représente des économies annuelles de 82.300 tonnes de charbon de bois après l’éxécution du projet prévu pour 4 ans.
Tableau 6. Quantité de Charbon économisé par année 
(en milliers de tonnes)
 
Année
Rubrique
Base
1
2
3
4
5
%
Ménages 

Secteur Informel 

Cuisinières à kérosène 

Cuisinières à gaz (Bip) 
Total Charbon économisé 

Consommation avec projet 

Consommation sans projet

 
 
 
 
 
 250.0
250.0
3.1
0.4
2.6
7.0
13.2
244.0
257.0
9.2
3.1
6.2
22.9
41.4
222.0
264.0
16.4
6.3
10.6
29.9
63.2
208.0
271.0
20.5
9.0
17.6
35.2
82.3
196.0
278.0
20.5
9.0
17.6
35.2
82.3
204.0
286.0
24.9
10..9
21.4
42.8
100.0
% consommation totale
100.0
5.1%
15.7%
23.3%
29.6%
28.8%
 
  
Source: CARE-Haiti/ BME, Novembre 1997.
  

Tableau 7. Résultat des calculs économiques du projet 

(en milliers de dollars américains) 
Année
Rubrique
1
2
3
4
5
  
Cuisinières à charbon améliorées 

Utilisation du kérosène 

Utilisation du gaz (GPL)

 
 912.0
682.0
1820.0
 
3.203.0
1.592.0
5.914.0
 
 5.874.0
2.729.0
7.733.0
 
 7.634.0
4.549.0
9.098.0
 
7.634.0
4.549.0
9.098.0
Total
3414.0
10.709.0
16.336.0
21.281.0
21.281.0
Bénéfices Nets  

Total = 24.750.0 

(625)
1.202.0
5.262.0
7.151.0
11.765.0
 TRI@ 12% 15.365.0 /
  
Source: CARE-Haiti/ BME, Novembre 1997. 
    • des économies cumulatives de 200.000 tonnes de charbon de bois pendant l’exécution du projet.
    • la fabrication de 130.000 cuisinières améliorés à charbon devant desservir 65.000 ménages; 13.000 cuisinières améliorées à charbon pour les besoins la restauration de rues; la production et/ou l’importation de 60.000 cuisinières à kérosène destinées à 60.000 ménages et à 10.000 micro-entreprises du secteur informel.
    • une année après la fin de l’exécution du projet les importations de kérosène augmenteront de 5.700 tonnes ce qui représente une valeur de de 1.98 millions de dollars américains; et pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL) elles seront de 8.200 tonnes ce qui représente une valeur de 7.033 millions de dollars américains.
    • 300 petits ateliers de fabrication de charbon de bois, 3 gros atelier de fabrication de fours à kérosène, 4 distributeurs et importateurs de carburants seront les bénéficiaires directs de ce projet.
    • chaque ménage ayant adopté une cuisinière améliorée à charbon pourra économiser jusqu’à 100 dollars américains par année, et pour la cuisinière à kérosène jusqu’à 156 dollars américains en achat de combustibles non effectués. 
Les options de recyclage et de substitution par le charbon minéral 

Les options de recyclage et de substitution par le charbon minéral ont pour objectifs de valoriser des fines de charbon abandonnées par les marchandes; de valoriser par la carbonisation et le briquettage des résidus agricoles; de valoriser des déchets de plastiques en plastibois.  

Les fines de charbon. Selon des estimations de la Banque Mondiale, il entrerait 200.000 tonnes de charbon de bois à Port-au-Prince, chaque année. Près de 6% du contenu de chacun des 5.3 millions de sacs de charbon est constitué de brisures ou de poudres, ce qui représente 12.000 tonnes de charbon pur, totalement abandonnés à la pollution de la mer, ou la congestion des canalisations de drainage à Port-au-Prince, contribuant ainsi à la détérioration du réseau routier. Dans les pays du Nord, on récupère ces charbons pour en fabriquer des briquettes utilisées pour les grillades du type barbecue. Ces briquettes ont l’avantage de tenir leur feu pendant plus de deux heures. Quoique plus difficile d’allumage, elles sont plus économiques à l’usage que le charbon de bois ordinaire, tout en contribuant à la protection de l’arbre haïtien. 

Les résidus agricoles excédentaires. La bagasse de canne à sucre en particulier contient entre 29 et 24% de charbon pur après carbonisation à partir de procédés rudimentaires. Souvent on le voit dépérir dans les cours des moulins, plus prticulièrement dans la Plaine de Léogâne, quand elle n’est pas tout simplement brulée pour éviter les trops grands encombrements. La où elle ne se trouve qu’en quantités artisanales, il existe des procédés simples et peu couteux, dont les prototypes existent en Haïti, pour les carboniser d’abord, et les briqueter ensuite. Le cas échéant, le simple charbon brut pourrait être vendu et traité dans une unité de briquetage plus importante. 

Eventuellement, si la culture du riz devenait plus importante dans l’Artibonite ou ailleurs dans le pays, la carbonisation de la paille et de la balle pourrait être envisagée. 

Les résidus de platique et la protection des arbres. Les efforts de récupération des déchets de toutes sortes ont permis de mettre au point une technologie capable de transformer toutes les espèces de plastiques confondues (sans besoin de nettoyage préalable), en planche de tous formats aux propriétés inédites telles: couleur imprimée à perpétuité, forte résistance aux termites ou poux de bois, sans prises pour la pourriture, soudage des angles au lieu de les clouer et enfin prise très forte des vis, le cas échéant. Son prix peut être compétitif avec celui du bois tel que vendu au détail en Haïti. En plus de sauver les arbres, ce produit permettrait de créer des emplois ,de dépolluer la capitale, les abords des routes et des plages tout en allégeant le coût du ramassage des ordures. 

L’étude de la mise en place de ces options a permis d’identifier un projet intitulé "Briquettes de charbon minéral importé" comportant deux phases: l’une pilote, destinée à tester les conditions d’acceptabilité par les consommateurs, et l’autre de production à moyenne échelle, qui comprend à la fois la production de briquettes, une promotion auprès des producteurs agricoles pour la culture intensive du manioc destinée à alimenter l’usine pour ses besoins en liants et enfin la production d’électricité résiduelle sans coût de carburant additionnels. 

Le projet de substitution par le charbon minéral importé  

L’objectif général du projet est double. Il s’agit de: 

1. Déterminer les conditions d’acceptabilité par la consommatrice haïtienne d’une briquette de charbon à base de charbon minéral importé;
  1. Combiner, dans le processus de sélection ou composition de tel charbon minéral, un objectif de valorisation des gaz de pyrolyse, en vue de la fabrication d’électricité, disponible pour Port-au-Prince sans coûts de carburant importé.
Le projet comporte deux phases: 

Une phase pilote au cours de laquelle des essais seront effectués à la fois sur differents types de charbon, sur différents types de liants et une variété de facilitateurs d’allumage. 

Une phase de production de 50 à 100.000 tonnes de briquettes par année au cours de laquelle des équipements seront implantés à la fois pour la production des briquettes et la production d’électricité ainsi que la mise en place de la campagne de promotion de culture captive de manioc. 

Les coûts du projet sont estimés à 2.5 millions de dollars américains pour la phase pilote qui durera une année et à 10.0 millions de dollars américains pour la phase de production. 

Les résultats attendus du projet sont: 

a) L’accès à une énergie de cuisson avec aussi peu que deux ou cinq gourdes, sans besoin d’investissement additonnel pour des réchauds appropriés; 

b) La lutte contre la désersification et la protection de l’environnement ( la survie des arbres contribue à la dépollution atmosphérique, diminution de CO2 , gaz à effet de serre); 

c) La création de dix à vingt mégawatts d’électricité pour Port-au-Prince, sans coût de devises fortes; 

d) pour un scénario de 100,000 tonnes de briquettes de charbon minéral par année, l’avantage économique étant estimé par la Banque Mondiale à $300,00 U.S. la tonne de charbon de bois; cela représente un gain annuel de $30,000,000 pour Haïti. Avec un coût d’importation de $50.00 U.S. la tonne pour le charbon minéral, Haïti pourrait dégager un bénéfice net annuel de l’ordre de $25 millions US ) sans compter la production pratiquement gratuite de vingt mégawatts d’électricité par année). 

e) La création de revenus possibles pour des carbonisateurs d’arbres actuels (qui, de toute façon, seront sans réserves parce que la ressource disparaîtra avant longtemps), par la culture du manioc-liant. 

Activités d’appui complémentaires aux options d’économie et de substitution 

Les activités d’appui sont les suivantes: 

  • L’ouverture du marché du gaz de pétrole liquéfié (GPL);
  • Elimination du plomb des essences;
  • Révision de la législation en vigueur sur les produits pétroliers ainsi que de la structure des prix de ceux-ci en rapport avec la stratégie pour l’énergie domestique;
  • Promotion de nouveaux combustibles de substitution qui font leur apparition sur le marché, et particulièrement ceux à base de biomasse (comme le charbon végétal importé, les briquettes fabriquées à partir de résidus agricoles carbonisés, bagasse en particulier ou de brisures de charbon);
  • Le suivi des modèles de cuisinières solaires qui connaissent un certain succès au niveau de leur diffusion dans des pays à structure sociale et économique similaire à Haïti;
  • Le développement des micro-entreprises de production artisanales destinées à fabriquer les équipements énergétiques performants et variés.
Ouverture du marché du GPL. En vue de bénéficier des économies d’échelle il est nécessaire que le marché haïtien du gaz soit plus important. Il y a eu certes une évolution du marché du GPL qui est passé de 1500 tonnes métriques en 1977 à près de 9000 tonnes en 1995 suite à la campagne de promotion de la Shell réalisée en 1988, et les prévisions laissent augurer que le marché va encore bouger avec l’apparition d’un nouvel opérateur, cependant, les efforts ne permettront pas encore d’aboutir à la situation où les consommateurs pourront enfin bénéficier des réductions substantielles suite à la baisse considérable du coût de transport depuis le point de chargement. En vue d’encourager les investissements nécessaires dans ce domaine l’Etat haïtien est prêt à discuter avec les principaux opérateurs des meilleures options possibles ainsi que des différentes activités nécessaires pour la mise en oeuvre de l’option retenue. 

Le Cadre légal et réglementaire. D’un coté ,la législation nationale sur l’énergie présente des points forts qui méritent d’être signalés :  

  • Elle est apparemment simple avec un nombre de textes très limité. Elle a confié des missions et des fonctions diverses à différentes institutions qui malheureusement n’ont pas toujours pu bien remplir leur rôle. 
  • Les objectifs poursuivis par cette législation ,en regard des considérants figurant dans les textes de lois concernés sont nobles et visent la conservation des ressources naturelles et la mise en valeur des ressources énergétiques.
  • La ratification des conventions internationales relatives au droit de la mer a permis de moderniser quelque peu la législation nationale en ce qui concerne certaines ressources énergétiques.
D’un autre coté, la législation nationale sur l’énergie accuse de nombreuses faibleses, les unes plus importantes que les autres : 
  • L’absence d’une vraie politique énergétique ne permet pas d’avoir une loi-cadre qui viendrait embrasser toute la réalité du secteur.
  • Les lacunes sont évidentes et concernent les pollutions, les énergies nouvelles et l’absence de stimulants pour encourager l’efficacité énergétique et les programmes de substitution au bois et au charbon de bois.
  • La législation reflète les incohérences et les contradictions du système national d’énergie qui n’a jamais été pensé comme un tout avec ses entrées et ses sorties.
  • Les mécanismes de coordination, indispensables à un secteur horizontal aussi complexe que l’énergie, sont rarement prévus dans la loi. Aucun décret d’application ne vient préciser les dispositions que devraient adopter ceux-la qui sont chargés de faire appliquer la loi.
  • La législation nationale sur l’énergie est constituée, en fait, de plusieurs lois éparses et dispersées qui ne traduisent point l’importance exceptionnelle de ce secteur. 
Il est donc nécessaire de formuler un nouveau cadre légal et réglémentaire du secteur de l’énergie qui refléterait toute la réalité du système national d’énergie et celle de la politique énergétique correspondante en vue d’harmoniser les rapports qui existent entre les différentes formes d’énergie d’une part, et les différentes institutions concernées par la question énergétique d’autre part. 

Elimination du plomb de la gazoline. Cette mesure de politique devra permettre d’une part de contrôler un polluant important, et d’autre part de générer des ressources financières susceptibles de contribuer à la résolution du problème de déboisement. La stratégie consiste donc à passer du système actuel (avec disponibilité de deux essences l’une avec plomb et l’autre sans plomb à un seul grade 95 RON) à un système avec deux essences toutes les deux sans plomb: une normale de 90 RON minimum et une super de 95 RON minimum. L’essence "regular" sera débité au même prix que l’essence avec du plomb actuellement disponible. Cependant l’essence "super" devrait pouvoir supporter des taxes plus élevés, ce qui augmenterait son prix de 20 à 25%. Les taxes additionnelles proposées serviront à alimenter un fonds pour le reboisement.  

  

 Alternatives aux exploitants du bois-énergie 

L’intégration des exploitants du bois-énergie dans un programme de lutte contre la désertification devra être axée sur plusieurs principes dont les principaux sont: 

  • la coupe contrôlée du bois de chauffe ;
  • la rationalité de la production du bois par l’amélioration des techniques de fabrication des fourneaux de charbon ;
  • l’agro-foresterie ;
  • l’établissement des contrats de plantation avec les exploitants du bois-énergie et d’autres populations cibles voulant entreprendre une activité dans l’exploitation forestière ;
  • la réorganisation du commerce du bois par la modernisation des filières de distribution .
Sur la base de ces principes il est prévu des activités de production et des activités d’appui. 

Relativement aux activités de production il conviendrait: 

  • de mettre en place un programme pilote de plantation de bois de feu comprenant la régénération des espèces particulièrement recherchées pour la fabrication du charbon dans les zones sèches dégradées. (Recherche/Action); 
  • de planifier la coupe du bois et d’organiser le contrôle de sa gestion;
  • d’évaluer l’économie de cette activité par rapport au prix du transport; 
  • de sensibiliser les entrepreneurs locaux sur l’intérêt écologique et économique du bois de feu;
  • de mettre, sur la base de contrat-programme, les terres vacantes de l’état à la disposition des exploitants du bois-énergie;
  • de lancer un programme d’élevage caprin en stabulation avec les nouveaux exploitants du bois-énergie pour arrêter la divagation des chèvres dans les zones d’exploitation et de régénération du bois de feu;
  • En ce qui concerne les activités d’appui il conviendrait de mettre en place des activités d’intensification forestière basées sur l’augmentation et la diversification de la biomasse ligneuse dans les zones sèches et humides. 

MOYENS DE MISE EN OEUVRE DE LA STRATÉGIE 

Compte tenu du diagnostic précédent il est important d’agir tant du coté de la conservation des ressources, par le biais des réchauds à charbon améliorés, que du coté de l’offre, en développant les combustibles de substitution. A cet égard, l’offre doit comprendre non seulement les GPL, dont on peut attendre une contribution en augmentation, suite à l’entrée d’ELF sur le marché attendue pour janvier 1998, mais également le kérosène dont l’évaluation économique confirme qu’il représente en théorie actuellement l’option énergétique de moindre coût. Ce qui demeure critique est l’adoption, en consensus avec tous les partenaires, d’une stratégie sectorielle cohérente, incluant: 

    • la confirmation du choix définitif du gouvernement des principales lignes d’actions, par voie de règlements et de décrets;
    • la mise à disposition des moyens de financement adéquats, sur la base des accords conclus avec les bailleurs de fonds et les banques multilatérales, et,
    • le choix de partenaires spécifiques pour chacune des lignes d’action afin d’assurer l’exécution sur le long terme.
La mise en place du volet "Alternatives aux consommateurs de bois-énergie" de ce programme sera basée sur les documents de projet déjà élaborés en exécution ou en attente de financement. Il s’agit des documents suivants:  1. Diffusion de cuisinières améliorées et promotion de substituts pétroliers au charbon de bois élaboré en 1991 par la Banque Mondiale en collaboration avec le Bureau des Mines et de l’Energie dans le cadre du projet Forêts et Protection de l’Environnement. Il a été repris en 1996 par la CARE et la Bureau des Mines et de l’Energie en vue de mettre à profit les changements qui ont été opéré entre temps dans le secteur de l’énergie domestique en terme de prix des combustibles et des habitudes des consommateurs. 
  1. Stratégie pour l’énergie domestique ,document élaboré en 1991 (révisé en 1995) dans le cadre du programme Conjoint Banque Mondiale/PNUD/Aide Bilatérale d’Assistance à la gestion du secteur de l’Energie (ESMAP) en collaboration avec plusieurs institutions nationales telles le Bureau des Mines et de l’Energie (BME), le Bureau d’Approvisionnement en Produits Pétroliers (BAPP) et le Service des Ressources Forestières (SRF). 
La mise en place du volet "Alternatives aux exploitants du bois-énergie" sera basé sur les activités similaires déjà prévus dans le cadre des projets ATPPF (Banque Mondiale) et ASSET (USAID), projet PRODETER (PNUD/FAO). Cependant les activités nouvelles envisagées feront l’objet d’études et montage de documents en vue de déterminer les coûts. (en particulier le Plan national de lutte contre la désertification actuellement en préparation au Ministère de l’Environnement avec l’appui du FIDA). 

  
PROGRAMME ENERGIE ET ENVIRONNEMENT 

Malgré l’importance du bois dans la structure énergétique nationale et l’état de dégradation de l’environnement du pays, il n’existe pas encore à proprement parler un programme "’energie et environnement" adopté par les pouvoirs publics et supporté par les bailleurs de fonds nationaux et internationaux. L’objet de cet atelier est justement de supporter l’idée de l’adoption d’un tel programme. Il existe certes des activités à l’intérieur d’autres programmes qui ont été élaborés en vue d’adresser ce problème. C’est le cas par exemple des projets suvants: 

    1. "Système d’Agriculture Durable et Transformation Environnementale (ASSET) 2000" de l’USAID dont l’objectif stratégique est d’augmenter la productivité agricole et d’améliorer la gestion de l’environnement qui prévoit parmi ses quatre grands domaines d’intervention de façon spécifique des activités ayant rapport à l’énergie et l’environnement. Il s’agit du volet résultat 3 intitulé "plus large participation communautaire dans le reboisement et dans la gestion des ressources locales".
    1. Appui Technique à la Protection des Parcs et Forêts (ATPPF) Gouvernement Haïtien/Banque Mondiale qui prévoit dans son programme destiné au renforcement de la capacité des communautés locales dans la gestion des ressources naturelles, la promotion de plus de réchauds améliorés comme un sous volet du programme. 
    1. d’autres interventions prévues n’ont pas encore vu le jour. Il s’agit des suivantes: a) celle de la BID à travers le TAC (crédit pour l’Assistance Technique) qui parmi les sept domaines d’appui dans son programme agriculture et environnement prévoyait le développement d’une politique énergétique visant à la réduction de la consommation du charbon de bois; b) celle du Canada qui au début des années 90 était en train de préparer un vaste programme de reboisement. 

CONCLUSION 

Des études menées depuis deux ans par le Bureau des Mines et de l’Energie en collaboration avec la CARE-Haïti et une firme privée, la Biomasse-Haïti ont montré la viabilité technique et économique de la substitution du charbon de bois utilisé pour la cuisson des aliments. Il est important en effet que le pays adopte cette politique à cause des effets de la consommation énergétique sur l’environnement.  

Avec moins de 2% de couverture forestière, Haïti ne peut maintenir écologiquement ni socio-politiquement, son rythme actuel de dépendance, pour 80% en moyenne, des ressources ligneuses locales dans la bilan énergétique national. Aussi, l’un des principaux axes de la politique énergétique et environnementale nationale doit-il consister à alléger, à partir de l'année 2002 et durant les dix années suivantes, la pression sur les ressources ligneuses nationales d'au moins de moitié par rapport au niveau des prélèvements de 1996, tout en visant à satisfaire la demande énergétique totale à plus de 80% par des énergies renouvelables d'ici l'année 2020.  

Les voies de substitutions visées sont résumées en détail dans le tableau suivant: 

  • Fourneaux améliorés et technologies d’économies d’énergie 5 à 9%
  • Expansion du marché des gaz de pétrole liquéfié du kérosène 
et autres combustibles tirés du pétrole 10 à 18% 
  • Importation de charbon minéral et végétal 20 à 30%
  • Exploitation d’énergies renouvelables locales (briquettes,
soleil, biogaz, etc..,) 1 à 3% 

A cette fin, Haïti a choisi de mettre en place à court et à moyen terme les grands axes de politique suivants: 

  1. l’établissement des normes et des incitations fiscales et économiques appropriées pour faciliter l'ouverture du marché aux sources d'énergie importées en substitution au bois de feu et au charbon de bois permettant à court et à moyen terme de satisfaire la demande actuelle et les besoins de croissance de l'économie; 
  2. la promotion de l’utilisation de toutes les formes d'énergies renouvelables locales autres que le bois, partout où la faisabilité économique ainsi que les compétences techniques et administratives sont disponibles ou peuvent être garanties;
Le lancement de ces activités se fera à travers un atelier sur l’énergie et l’environnement qui se tiendra en Haïti les 12 et 13 janvier 1998 en présence des plus hautes autorités nationales, publiques et privées ainsi que de celles des institutions internationales et régionales concernées. Au cours de ces discussions, les organisateurs de l’Atelier, en l’occurrence le Bureau des Mines et de l’Energie et le Ministère de l’Environnement s’efforceront d’obtenir des différents acteurs un minimum de consensus pour la mise en place de ces stratégies. La gestion de manière non durable à date, des ressources ligneuses locales, impose inéluctablement une dépendance croissante d'approvisionnement à l'étranger pour satisfaire les besoins énergétiques du pays durant au moins les quinze prochaines années 

Le choix se pose pour Haïti entre: importer davantage les ressources énergétiques dès maintenant versus importer, dans un futur proche, la totalité de l'énergie et l'eau de consommation en exposant le pays à des capacités de production agricole et hydro-électriques encore plus réduites. 

Il faudra attendre l’élaboration définitive du document de politique environnementale par la première conférence nationale sur l’environnement prévue au mois de mai 1998, pour statuer sur une politique énergétique globale tenant compte de tous les aspects de la problématique énergétique. 

  

  

  

TABLE DE CONVERSION 
 
  
TYPE DE COMBUSTIBLE
 
Baril/Tep
TEP/Tonne
LPG 
10.79 
 
Gazoline 
8.10
 
Kérosène 
7.38
 
Diesel 
7.34
 
Fuel Oil 
6.83
 
Lubrifiants 
7.22
 
Pétrole Brut 
7.17
 
Charbon de Bois   
0.70
Bois de Feu (20%)   
0.39
Bagasse (50%)   
0.18
1 TEP = 109 calories 1 m3 équivaut à 625.0 kg 

1 GWH = 86.0 TEP 1 stère " " " 468.75 kg 

1 TEP = 0. 01163 GWH 1 sac " " " 35.0 kg

LES HYPOTHÈSES UTILISÉS POUR LES ESTIMATIONS
Prix des combustibles dans les rues de Port-au-Prince 


 



Fuel
Date
Propane
Butane
Kérosène

à la Pompe en Détail

Charbon de Bois

par sac par marmite

 
Livres
25
US $
Ton. 
livres
5
US $
Ton.
Gal.
1
US $
Ton.
litre
1
US $
Ton.
sacs
35 lb
US $
Ton.
Mar.
2.5 lb
US $
Ton.
Juillet 95 

Octobre 96 

Avril 97 

Novembre 97

110
130
140
150
603
713
768
822
 
29
35
40
795
959
1096
16
18
18
338
381
381
5.5
5.5
5.5
441
441
441
 
100
100
110
179
179
196
12
12
12
 
Source Peter Young, CARE-Haïti
Performance comparée entre les combustibles et les réchauds
 
Combustible
Réchauds
CV
MJ/kg
eff.
Réchauds
max
cons/an
Max char. Econ./an
Cons
actuel
MJ
eff.
/kéros.
/char.
Bois de feu 

Charbon Trad. 

Kérosène 

Butane 

Propane

 
16
29
43.5
45,7
46.2
12.5%
20.0%
45.0%
55.0%
55.0%
 
0.91
0.27
0.21
0.21
 
0.27
0.32
0.41
0.46
 
0.64
0.18
0.12
0.09
2.0
5.8
19.59
25.14
25.41
0.10
0.30
1.00
1.28
1.30
0.34
1.00
3.38
4.33
4.38
Coût des foyers en US $     LPG:  55.00    KÉROSÈNE :  25.0    CHARBON :  3.1      MANGÉ KWIT : 6.0 
Source Peter Young, CARE-Haïti
 
BIBLIOGRAPHIE
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