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    Bulletin quadrimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Août   2003
numéro 14
 Revue Synergies
  • Situation énergétique des petites entreprises traditionnelles et ses conséquences économiques, par Robinson Moïse

Nous  prenons plaisir à vous annoncer que le thème de la  prochaine édition de Synergies sera: "Les efforts de promotion du crédit consacrés aux alternatives énergétiques dans les petites entreprises en Haïti"

Ce bulletin est publié grâce au support financier de l'USAID et de la CARE-Haïti 

Situation énergétique des petites entreprises traditionnelles1 et ses conséquences économiques, par  Robinson Moïse

Préambule

L’utilisation du bois de feu et du charbon de bois comme combustibles dans les petites entreprises haïtiennes, contribue notablement à la dégradation alarmante de l’environnement du pays. Selon des études menées par CARE-Haiti et le Bureau des Mines et de l’Energie (BME), une quantité comprise entre  23 et 26 mille tonnes de bois de feu est utilisée chaque  année par les blanchisseries2  et 156 à 208 mille tonnes sont consommées chaque année  par les boulangeries3  du pays, pour produire de la vapeur nécessaire à  faire fonctionner  les presses et à faire cuire le  pain et d’autres produits analogues.  Les restaurants quant à eux, consomment environ  50 mille tonnes de charbon de bois, chaque année.

Analyse de la situation énergétique

Les boulangeries

En Haïti,  les boulangeries traditionnelles haïtiennes utilisent un four, construit dans la plupart des cas, en briques et munis  d’une cheminée et d’une chambre de combustion. Cette dernière est  le plus souvent  dépourvue de  porte, et quand  elle existe, elle n’est pas toujours fermée lors des opérations. Point besoin d’être un technicien avisé pour constater que les fours traditionnels fonctionnant au bois  et utilisés pour la cuisson du pain  sont très inefficients.

Une étude conjointe de CARE-Haiti et du Bureau des Mines et de l’Energie (BME) réalisée  en 1999 a relevé les  facteurs occasionnant l’inefficacité des fours traditionnels largement utilisés  en Haïti. Ils sont au nombre de trois :Four traditionnel utilisé dans les boulangeries en Haïti

a) La mauvaise combustion due à l’absence de portes ou autres moyens de contrôle de l’entrée d’air dans  la chambre de combustion ;

b) La mauvaise conception de la cheminée qui force la sortie des fumées soit par la porte du four ou par la chambre de combustion lors du chauffage de celle-ci ;

c) L’inadéquation du système d’isolation à l’intérieur du four ;

Ce constat établit clairement la relation de cause à effet qui existe entre cette pratique énergétique dans les boulangeries et le phénomène de déboisement. Le faible niveau de rendement enregistré (3 à 10% dans le meilleur des cas),  signifie que des pertes énormes d’énergie sont enregistrées au niveau des fours  installés dans les  boulangeries pour leurs opérations de routine. Ces pertes sont traduites par l’utilisation d’une quantité de bois de loin supérieure à la normale. Si les fours fonctionnaient dans des   conditions optimales d’efficacité, un volume de bois de feu inférieur pourrait permettre à l’entreprise d’obtenir des résultats satisfaisants en terme de rendement énergétique. Cette situation entraîne à la fois inefficience et inefficacité, deux conditions défavorables à la pérennité de toute activité économique. A cela, il faut ajouter d’autres problèmes liés à la difficulté d’approvisionnement en bois de feu des propriétaires (ou locataires) de boulangeries surtout en période de pluie, à l’augmentation considérable du coût du transport, répercuté sur celui du bois, à la nécessité d’embaucher du personnel supplémentaire pour  gérer, parfois exclusivement, l’approvisionnement et la préparation du bois, etc.   Ces problèmes et difficultés ont une action directe sur le fonctionnement  même des boulangeries en ce sens qu’ils augmentent les coûts de production, réduisent les activités de production, et  par conséquent, les résultats d’exploitation. Les pertes de produits enregistrées dans le cas de ces entreprises traditionnelles  sont assez importantes en comparaison à celles enregistrées dans une boulangerie ne fonctionnant  pas au bois,  et  puisque la production ne suit pas les normes de qualité requises, des pertes de revenus sont enregistrées dans les périodes d’approvisionnement difficiles. La liste des problèmes sus-mentionnés  n’est sûrement pas exhaustive, elle attire l’attention  cependant les principales conséquences de la situation énergétique sur le fonctionnement des boulangeries traditionnelles en Haïti.   Il faut absolument penser à des solutions si on veut sauver ces entreprises qui sont, il faut le reconnaître, vitales pour la population haïtienne. En effet, à part la production du pain, aliment essentiel dans la diète journalière de la population haïtienne, ces entreprises créent des emplois directs et indirects et contribuent à  augmenter  la production nationale.

Les blanchisseries

Les blanchisseries haïtiennes (dry cleaning) offrent généralement des services de nettoyage et de repassage de linge et/ou de vêtement. La plupart d’entre elles utilisent le bois comme principale source d’énergie. Elles en ont besoin pour produire la pression nécessaire au fonctionnement de leurs presses à vapeur. A titre de rappel, notons que la vapeur est produite à partir de l’eau placée dans un récipient disposé verticalement communément appelé chaudière ou bouilloire. L’intérieur de la chaudière est garni  de tuyaux  servant d’échangeur de chaleur.

Le combustible, placé sous la chaudière dans la chambre de combustion, transforme l’eau en vapeur qui, maintenue sous pression, fait  marcher les presses. La porte de la chambre de combustion reste ouverte le plus souvent   ce qui entraîne une faible efficacité des chaudières  estimée à 25 %, pour les modèles fabriquées localement5.   La situation énergétique des blanchisseries haïtiennes fonctionnant au bois n’est pas différente de celle des boulangeries que nous venons de décrire plus haut. Le fait que la chambre de combustion reste ouverte au  moment de la combustion occasionne des pertes d’énergie qui entraînent  une plus grande utilisation de bois de feu. De plus, le système d’isolation des chaudières est inadéquat voire inexistant, ce qui augmente encore davantage les pertes de chaleur ou d’énergie. Dans certains cas, la cheminée, qui permet le dégagement de la fumée, n’est pas toujours conforme aux normes techniques.  Les difficultés rencontrées au niveau des blanchisseries sont les mêmes que celles déjà mentionnées pour les boulangeries traditionnelles, il est donc inutile de les reproduire encore ici. Une fois de plus, il faut trouver des solutions destinées à sauver  ces entreprises qui fournissent des services importants à la communauté.

Les restaurants

En Haïti, le secteur de la restauration peut être divisé en trois catégories bien distinctes : les restaurants modernes et chics, les restaurants de rue communément appelés «manje kwit» et les restaurants ambulants. Leur nombre est estimé à environ 10000 unités, tous types confondus.  La majorité  des restaurants haïtiens utilisent le charbon de bois comme combustible dans des réchauds dont le rendement est très faible (de l’ordre de 10%). Certains restaurants utilisent le propane, le kérosène ou le réchaud amélioré Mirak, cependant cette quantité est jusqu’à  présent très faible, comparée à l’ensemble.

Comme nous venons de le souligner, les équipements énergétiques utilisés par la grande majorité des restaurants sont inefficients et utilisent, comme c’est le cas pour les boulangeries et les   blanchiMorceaux de bois entassés devant une blanchisseriesseries, plus de combustibles que nécessaire.   Cette demande supplémentaire en combustible, résulte du niveau élevé des  pertes en énergie consécutives à l’utilisation des foyers dits traditionnels. Quand on sait que c’est l’environnement qui en paie les frais il y a de quoi s’inquiéter. Il y a au moins deux raisons supportant cette affirmation :

a) La première a rapport avec le faible rendement des équipements et la demande en combustible supplémentaire (plus d’arbres abattus)  qui en découle. Cette demande  aurait pu être  évitée  si les restaurants  utilisaient au moins un équipement amélioré ou dans le meilleur des cas un équipement utilisant le kérosène le GPL ou des briquettes comme combustibles.

b) La  deuxième   concerne  le double gaspillage enregistré du fait que les restaurants utilisent le charbon de bois. En effet, en plus de cette utilisation inefficace du charbon de bois, le processus de  conversion du bois en charbon de bois est tout aussi inefficace.  

A l’instar des boulangeries et des  blanchisseries, il faut également prendre au sérieux les problèmes énergétiques des restaurants dans le but de les aider à être plus performants tant du point de vue économique que du point de vue de leur propre gestion.

Conséquences économiques

Les conséquences de la situation énergétique des boulangeries, des blanchisseries et des restaurants sont multiples.  Nous avons choisi de limiter notre analyse aux conséquences  économiques à cause de son impact sur  les conditions sanitaires, sur le niveau d’éducation dans une certaine mesure  sur les conditions sociales en général. Le prix d’un produit ou d’un service fourni  par une entreprise, indépendamment de sa  taille, de son statut, du secteur dans lequel elle  évolue, est en relation directe avec ses  coûts de production (de biens ou de services) et d’opération.

Nous entendons ici par coûts de production (ou de fabrication dans le cas des entreprises de production), ceux qui ont rapport directement avec la production d’un  bien ou d’un  service donné tandis que les coûts d’opération sont les dépenses supportées par  l’entreprise  dans le cadre de son fonctionnement.   Pour les boulangeries, à titre d’exemple, les coûts de fabrication sont constitués des  dépenses consacrées à l’achat de farine, de l’eau  qui rentre dans la production de pain, l’achat et le transport du bois et d’autres matières premières, etc,  tandis que les  salaires d’un gardien ou des vendeurs sont  considérés comme des dépenses d’opération. Il ne s’agit pas ici  de faire un cours de prix de revient, nous essayons seulement de rappeler certains     concepts.  Pour ces trois catégories  d’entreprises qui sont actuellement  analysées, les dépenses relatives à l’achat d’équipements énergétiques et de combustibles (charbon, bois ou autres), rentrent dans leurs coûts de production au cas où  ceux-ci sont utilisés à des fins productives. Nous avons vu que le gaspillage d’énergie, conséquence d’une part, de l’utilisation d’équipements inefficients et d’autre part, de  faibles conditions de travail dans ces entreprises sous étude entraînent des débours supplémentaires et non productifs.

Si ces équipements étaient beaucoup plus efficients et leurs conditions d’utilisation  plus rationnelle, les coûts de production dans ces entreprises seraient considérablement réduits. Le niveau élevé  des coûts de production amène les entreprises soit à augmenter les prix des produits ou des services soit à diminuer la qualité du service ou du produit (la grosseur des pains dans le cas des boulangeries).

La théorie économique connue sous le thème élasticité de la demande par rapport au prix enseigne que lorsque le prix augmente, la demande diminue. Cela entraîne une diminution des chiffres d’affaires et  par conséquent  des bénéfices.

D’où une faible capacité de ces entreprises à s’autofinancer, faible potentiel de réinvestissement, diminution d’opportunités à trouver un financement auprès des institutions financières locales, etc. En clair, les entreprises deviennent un peu plus fragiles. La viabilité de certaines d’entre elles peut être mise en question par le fait qu’elles sont devenues non compétitives par rapport à d’autres du  même type utilisant d’autres ressources énergétiques plus performantes. Une autre considération concerne les boulangeries. Les fours traditionnels au bois engendrent un stock important de pain défectueux (ce que les spécialistes en production appellent stock de produits gâchés).

Edward Dewing avait déclaré que si l’on produit suivant les normes de qualité,  le produit coûtera moins cher.    Dans le  cas de nos boulangeries,  le fait qu’ils enregistrent  un volume important de pains défectueux  qui augmentent  les déficits,  entraîne soit  une augmentation des  prix de vente ou la réduction de  la taille ou de la qualité du pain. Nous aboutissons donc  aux mêmes conclusions que précédemment. La  faible productivité des entreprises utilisant  des équipements inefficients amène à consacrer  plus de temps et de ressources humaines aux activités productives en comparaison à leurs homologues qui disposent de  moyens plus importants. Cela  se traduit par une faible compétitivité et des manques à gagner importants,  ce  qui empêche à ces  entreprises de  bénéficier pleinement des économies  d’échelle qui leur permettraient  de réduire leur  coût unitaire, etc. 

Cette liste de problèmes économiques relatifs à l’utilisation d’équipements non efficients par les boulangeries, les blanchisseries et les restaurants pourraient s’allonger, mais nous nous limitons à ce simple constat. Nous voyons comment le changement d’équipements énergétiques au niveau de ces entreprises pourrait avoir des impacts sur les résultats d’exploitation de celles-ci. Il est vrai que ce changement tant souhaité n’est pas toujours facile à réaliser, et ceci pour plusieurs raisons que nous n’aborderons pas dans cet article, cependant, ces changements pourraient être très bénéfiques à ces entreprises, à l’environnement et à la population haïtienne dans son ensemble. 

Propositions  et suggestions

La situation énergétique des boulangeries, des blanchisseries et des restaurants utilisant des équipements inefficients pourrait s’améliorer par l’adoption d’équipements plus performants, ou mieux des combustibles de substitution au bois et au charbon de bois.  Cependant, l’adoption de ces équipements performants et des combustibles de substitution est conditionnée à l’élimination de divers obstacles. L’un des problèmes majeurs  consiste en la possibilité pour les entrepreneurs de disposer de  capitaux  nécessaires à  l’achat des équipements et accessoires qui doivent tenir compte de la  rareté du courant de ville.  Actuellement, des  équipements performants sont actuellement disponibles sur le marché.   En ce qui concerne  les restaurants, plusieurs entreprises vendent des réchauds au propane et offrent une gamme accessible à diverses bourses, des réchauds à kérosène, divers modèles et dimensions de  Recho Mirak qui permettent de faire des économies     de charbon de  l’ordre de 40 à 50% ou qui peuvent  utiliser  des briquettes de paille et de papier. 

La CARE travaille actuellement à la mise au point d’un modèle de réchaud à kérosène pour les restaurants. Les tests sur le prototype sont en cours et bientôt, l’institution procèdera au transfert de cette technologie aux secteurs concernés.  Relativement aux boulangeries, un modèle de four fonctionnant au diesel et fabriqué  localement est vendu par les entreprises Krisco S.A. Ce four dispose de  son propre système électrique et peut fonctionner indépendamment du courant de ville fourni par l’EDH. 

Il existe aussi la possibilité d’importer des fours très performants fonctionnant au propane ou à l’électricité. Parallèlement, des  réflexions sont  engagées au niveau du projet en vue de modifier le fonctionnement de la chambre de combustion des fours traditionnels.  La CARE a en vue de conduire une étude consistant à analyser les  possibilités d’introduire un brûleur à kérosène ou au diesel dans les fours traditionnels. 

Les propriétaires de blanchisseries, quant à eux, peuvent importer des équipements de l’étranger. Entre temps, ils peuvent apporter certaines modifications au niveau des  équipements en usage  en vue d’améliorer leur rendement. On peut fermer la chambre de combustion afin de réduire les pertes d’énergie et réduire ainsi la quantité de bois utilisée. Le système d’isolation des chaudières peut aussi  être amélioré. Plusieurs observateurs avertis proposent un changement au niveau de la position même des chaudières en passant de la verticale à l’horizontale, ce qui pourrait réduire le temps de  chauffage de l’eau. Ils suggèrent également  que les tuyaux qui servent d’échangeurs de chaleur  soient recourbés en forme hélicoïdale à l’intérieur des chaudières (au lieu d’être maintenu tout droit) avant d’aller vers la cheminée; ce qui permettrait à la chaleur de circuler pendant un temps plus long dans la chaudière.  

Les briquettes représentent également  une alternative au bois et au charbon de bois dans les blanchisseries et les boulangeries.  La CARE et le BME ont développé un brûleur pour les blanchisseries fonctionnant au kérosène. Des tests de terrain ont été effectués, et nous ont permis d’y apporter des  modifications. Le matériel sera à nouveau testé et sera ensuite mis sur le marché au cas où ces nouveaux tests se révèlent complètement satisfaisants.Promotion de réchaud mirak lors d'une foire au Champs de Mars

Les précédents tests de terrain ont indiqué que pour une blanchisserie fonctionnant avec une seule presse à vapeur  la consommation moyenne du dit brûleur ne dépasse pas celle de la chaudière automatique de la marque Fulton de 10 chevaux-vapeur importée des USA. Une génératrice de moins de 2 KW est nécessaire au fonctionnement de ce brûleur développé par la CARE et le BME (voir photo dans  le numéro 12 de Synergies).

Conclusion

Que conclure, si ce n’est que de souhaiter qu’une action d’envergure nationale avec implication de l’Etat, du secteur privé, des organismes de développement soit entreprise en faveur de l’amélioration de la situation énergétique des boulangeries, des blanchisseries et des restaurants.  Une telle amélioration aura des retombées bénéfiques sur l’entreprise (amélioration des résultats d’exploitation) sur l’économie et surtout sur l’environnement.  

1/ Il s’agit des boulangeries, des blanchisseries et des restaurants de rue utilisant le bois et ses dérivés comme combustibles.
 2/ ALTIDOR, Jean Robert, Mesure de     consommation de bois dans les blanchisseries,      CARE-HAITI/ BME, sept. 2001, P. 19.

3/ YOUNG, Pete, Les boulangeries en Haïti, CARE-HAITI/BME, avril 1999, P. 2.
4/YOUNG, Pete, Les boulangeries en Haïti, Analyse financière et potentiel d’investissement, Avril 1999.
5/ USINGER, Jurgen/ ORTH, Dagmar, Gestion Rationnelle des Boulangeries et des Blanchisseries Haïtiennes, CARE/ BME, P. 11, Mars 1999.

Economisons le bois-énergie pour préserver l’environnement!
Editeur responsable : Mildred D. Régis
Auteurs: Robinson Moïse, Wilfrid St-Jean
Conseiller technique: Bétonus Pierre 
Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
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Bulletin Synergies, CARE / BME
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