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    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie   Novembre  1998  
  Premier numéro 
 
 Revue Synergies

Dans ce numéro:
 
  • Page de couverture Numero 1

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  • Editorial

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  • L’engagement de l’Etat haïtien dans la solution des problèmes énergétiques du pays  par Dieuseul Anglade 

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  • Dossier : Situation de l’énergie domestique en Haïti par Wilfrid St-Jean et Peter Young

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  • Historique des tentatives menées en Haïti sur les réchauds à charbon améliorés, par J-Y Terlinden

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  • Résolutions prises sur l’énergie et l’environnement par Wilfrid  St-Jean

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  • Que dit la théorie économique au sujet des programmes de diffusion des réchauds à charbon améliorés ? par J-Y Terlinden

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    Réchauliers au travail à Port-au-Prince 
    Historique des tentatives menées en Haïti sur les réchauds à charbon améliorés  

    par Jean-Yves Terlinden, CARE et Wilfrid St-Jean, BME 

    Alors que la Care-Haïti et le Bureau des Mines et de l’Energie s’apprêtent à lancer une campagne nationale de grande ampleur pour la diffusion de réchauds améliorés, il est bon de s’arrêter un instant sur les programmes qui ont précédé celui-ci. Ces diverses expériences permettent en effet d’analyser les obstacles et les imprévus que toute tentative de ce genre affronte inévitablement 

    Le Bureau des Mines et de l’Energie 

    Après de longues études, le BME a mis au point un prototype achevé de réchaud amélioré. Un modèle extrêmement performant, façonné à partir de plaques de tôles neuves. Conçu avec un cône de combustion très profond, ce qui permet d’obtenir une forte concentration de chaleur, il était également fermé d’un taquet ajustable régulant l’appel d’air. Autant de caractéristiques techniques qui permettaient à ce modèle de consommer de 40 à 45% de charbon de moins que le réchaud traditionnel à trois pieds. C’est sur la base de ce prototype que la plupart des projets se sont appuyés. Nous allons rapidement les passer en revue. 

    Les principales tentatives menées en Haïti 

    L’APTECH (Appui Technologique) a créé aux Cayes-Jacmel un atelier pour former des réchauliers et produire des réchauds améliorés. Interrompu en 1991, le projet a redémarré en 1995 et a permis la diffusion de plus de 2000 réchauds. Caritas en a écoulé environ 1000 entre 1990 et 1991 dans la région des Cayes. Le GTIH (Groupe Technologie Intermédiaire d’Haïti) a participé à un projet pilote mené conjointement avec le BME qui a permis de vendre 400 réchauds entre 1990 et 1991. Enfin, la SOCODA (Société Coopérative de Darbone) en a diffusé 250 sur la même période. La crise de 1991 a interrompu la plupart de ces projets. 

    (Suite) 

    Association Française des Volontaires du Progrès 

    Difficulté de diffusion

     
     
    Association Française des Volontaires du Progrès 

    La plus grande tentative reste jusqu’à ce jour celle menée par l’AFVP entre 1989 et 1990. L’objectif de ce programme était de diffuser le réchaud sur Port-au-Prince en ciblant tout particulièrement le marché des "manje kwit" (petits restaurants de rue). Entamé en collaboration avec le BME, principalement pour l’étude du modèle, l’AFVP a ensuite mené des enquêtes auprès des ménages et des "manje kwit" pour étudier la faisabilité et les possibilités d’acceptation du réchaud amélioré. Les artisans, formés par l’AFVP, produisaient le réchaud sur schéma identique à celui utilisé pour le réchaud traditionnel. Le but étant que ces artisans restent indépendants avec le nouveau modèle de réchaud et surtout conservent le marché. Dans le même esprit, l’AFVP décida également de leur laisser faire les réchauds en réutilisant des plaques de tôles de récupération (voitures, frigidaires,…). Six mille réchauds ont ainsi été fabriqués et vendus sur la période 89-90. Le programme sera arrêté au moment de la crise de 1991. 

    Projets en cours 

    Outre l’APTECH, qui a relancé sa production depuis trois ans, deux autres projets sont en cours : le Centre Technique Saint Joseph, de Jérémie, a déjà diffusé plus de 500 réchauds et le projet "recho mirak" de la CARE en a diffusé 2000 et en prévoit 15.000 pour 1999. La méthode employée est classique et similaire à celle utilisée en son temps par l’AFVP: formation d’artisans réchauliers à la fabrication du réchaud amélioré en recyclant, tout comme pour le réchaud traditionnel, des tôles usagées. 

    Rareté des tôles 

    Philippe Bécoulet, actuel directeur exécutif du GTIH, nous a expliqué quels sont selon lui les principaux obstacles, ou "goulots d’étranglement", que tout projet de ce type est amené à rencontrer. 

    Un premier problème est celui posé par les matières premières. Dans ce cas : les tôles. Les réchauds améliorés demandent en effet beaucoup plus de tôles que les réchauds traditionnels. Les tôles utilisées par ces derniers sont des tôles de récupération, provenant de drums, d’anciens frigidaires ou de voitures usagées. Mais il n’en existe pas des quantités illimitées. D’autant que les anciens drums en fer sont de plus en plus remplacés par des drums en plastique. Il est donc à craindre qu’une production massive de réchauds améliorés n’entraîne une rareté de tôles de récupération, donc une augmentation de leur coût en même temps qu’une baisse de leur qualité (on a déjà vu des artisans utiliser des tôles ondulées !) Mais il est tout autant illusoire d’espérer réaliser ce projet en important des feuilles de tôles. Cela grèverait le prix de la principale matière première nécessaire à la fabrication. Ce qui n’est pas envisageable sans de fortes subventions, elles mêmes impossibles tout autant que non souhaitables pour un programme de diffusion à très large échelle. 

    Difficulté de diffusion 

    Un deuxième problème important est celui de la diffusion proprement dite du réchaud. L’artisan est en général un mauvais commerçant. Il faut que le réseau traditionnel de l’économie informelle - les artisans, les Mme Sara et les consommateurs - acceptent le nouveau modèle. Mais les réticences sont nombreuses : les commerçantes ne peuvent les transporter aussi facilement que les réchauds traditionnels et craignent une immobilisation importante d’argent. Quant aux consommateurs, ils ont souvent besoin d’un système de crédit pour pouvoir s’offrir un réchaud trois fois plus cher que l’ancien modèle. 

    Selon une enquête menée en 1989 par l’AFVP, 40% des cuisinières des " manje kwit " déclaraient ne pas se soucier d’économiser le charbon. Le coût du combustible ne représentait alors que 10% de leurs coûts totaux. Autrement dit : le passage à un réchaud amélioré ne représentait pas une économie suffisante pour les convaincre d’en faire immédiatement l’acquisition. Par ailleurs, elles disent ne pas pouvoir faire des économies car elles sont souvent pressées - donc doivent activer le feu - et aussi parce que le charbon, souvent médiocre, ne le leur permet pas. 

    Tout projet doit tenir compte de l’ensemble de ces difficultés. C’est un travail de fourmi, il faut gérer une multitude de détails et surtout résister plusieurs années, le temps que le marché prenne le relais de lui-même. N’oublions pas que le réchaud, qu’il soit classique ou amélioré, n’a jamais fait l’objet d’une production industrielle classique… et ces obstacles y sont plus que probablement pour quelque chose.

     
     
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    Economisons le bois-énergie pour préserver l’environnement!
     
    Editeur responsable: Peter Young 

    Auteurs: P. Young, Wilfrid St-Jean

    Conseiller technique: Bétonus Pierre 

    Edition Internet: soutien technique du REHRED 
     

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    Peter Young / Wilfrid Saint-Jean 
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    Port au Prince Haïti

    15/12/98
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