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    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie   Novembre  1998  
  Premier numéro 
 
Revue Synergies

Dans ce numéro:
  • Page de couverture Numero 1

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  • Editorial

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  • L’engagement de l’Etat haïtien dans la solution des problèmes énergétiques du payspar Dieuseul Anglade 

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  • Dossier : Situation de l’énergie domestique en Haïti par Wilfrid St-Jean et Peter Young

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  • Historique des tentatives menées en Haïti sur les réchauds à charbon améliorés, par J-Y Terlinden

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  • Résolutions prises sur l’énergie et l’environnement  par Wilfrid  St-Jean

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  • Que dit la théorie économique au sujet des programmes de diffusion des réchauds à charbon améliorés ? par J-Y Terlinden


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    Que dit la théorie économique au sujet des programmes de diffusion de réchauds à charbon améliorés ?  

    par Jean-Yves Terlinden, CARE 

    L’évaluation de l’impact de projets d’économie sociale, tel que celui de réchauds améliorés, est forcément informelle... Pour procéder de la manière la plus exacte, il faut ajouter aux méthodes conventionnelles de l’économie traditionnelle, des méthodes additionnelles provenant de l’économie sociale. Nous travaillons en effet ici avec une population qui est soit à la marge, soit en dehors des circuits économiques normaux ; ce ne sont pas de simples mécanismes de marché qui interviennent, il s’agit d’atteindre un équilibre d’intérêts entre producteurs et consommateurs. 
     

    (Suite) 

    Quid des programmes de diffusion de réchauds améliorés? 

    Avant de lancer un programme... 

    Un écueil à éviter ! 

     
    Quid des programmes de diffusion de réchauds améliorés? 

    L’objectif est le sauvetage d’arbres et de forêts, avec tous les aspects écologiques qui le soutendent. On peut, avec des calculs alambiqués, essayer de montrer combien d’arbres seront épargnés, et quel est le coût de leur remplacement. Mais, d’un point de vue scientifique, ou arithmétique, cela reste de l’ordre d’une estimation brute, du non mesurable. On peut aussi, et c’est ce qui se fait le plus souvent, donner comme mesure du succès d’un tel programme, tout simplement le nombre de réchauds vendus. Pourtant, ce n’est pas non plus une mesure suffisante. En revanche trois points permettraient de mieux mesurer l’impact d’un tel programme : la permanence des réchauds après quelques années de mise en oeuvre ; l’impulsion que le projet donne pour des changements ultérieurs ; la compréhension par la population de l’importance du projet. 

    Ces trois aspects sont d’ailleurs liés. Si l’activité n’est pas regardée comme significative par les gens eux-mêmes, elle a peu de chance d’atteindre la permanence. Si elle ne permet pas d’impulsions pour des évolutions ultérieures, elle n’aura qu’un impact ponctuel. 

    Avant de lancer un programme... 

    La clé de toute l’économie sociale est d’essayer de comprendre les processus de décision des divers groupes, les ressources auxquelles ils ont accès et les contraintes auxquelles ils ont à faire face. 

    Dans le cas des producteurs par exemple, l’économie classique présumera que la considération clé pour un entrepreneur est d’investir ou pas. Ce qui suppose accès au crédit et profit maximum comme motivations. Mais ces considérations n’ont pas lieu d’être dans le secteur informel : les processus de prise de décision de l’artisan réchaulier peuvent varier d’un village à l’autre et leur compréhension nécessite une relation de travail très proche. 

    Il existe un risque non négligeable, lors de l’élaboration d’un projet de diffusion de réchauds améliorés, de privilégier une production centralisée, tellement plus facile à quantifier. Pourtant, c’est vraisemblablement la production localisée qui réussira à long terme parce que c’est elle et elle seule qui est susceptible d’être significative (sur l’emploi), permanente, car pouvant mieux réagir aux fluctuations de la demande, et stimulante, car permettant un développement économique régional. 

    De même que pour les producteurs, l’économie sociale doit analyser le comportement des consommateurs autrement que d’après les seuls critères de l’économie classique. 

    Il faut tout d’abord considérer le niveau de pauvreté : pour atteindre les plus pauvres, il faut s’assurer que leur voix est entendue lors de toute étude d’activités, de contrôle et d’évaluation. Mais la pauvreté ne se mesure pas selon des critères traditionnels : l’utilisation de repères peut être trompeuse ; une famille de huit enfants peut habiter une maison pauvre du fait que tous font des études secondaires. 

    Il faut ensuite savoir comment sont prises les décisions. Les hommes plutôt que les femmes ; ou les vieux plutôt que les jeunes. Afin de connaître la cible des effors de marketing. 

    Un écueil à éviter ! 

    Insistons ici sur les risques que peut entraîner un système de subsides : en effet, lorsque la production démarre, la demande dépasse souvent les possibilités de production, les subsides ne sont alors pas nécessaires. Mais ils peuvent même se révéler désastreux : imaginons un réchaud vendu, avec subsides, à un prix de 5$. Au départ, les gens les plus riches, capables de prendre un petit risque, achètent le réchaud. Le programme subsidié risque alors de s’arrêter juste au moment où les pauvres seront convaincus à leur tour que le réchaud amélioré vaut la dépense. Mais entre temps, le prix sera passé à 10$, hors de portée des plus démunis.

    Economisons le bois-énergie pour préserver l’environnement!
     
    Editeur responsable: Peter Young 

    Auteurs: P. Young, Wilfrid St-Jean

    Conseiller technique: Bétonus Pierre 

    Edition Internet: soutien technique du REHRED 
     

    Envoyez vos lettres à: 
    Peter Young / Wilfrid Saint-Jean 
    Bulletin Synergies,  
    CARE / BME 
    Rue Grégoire 92, Pétionville, Haïti. 
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    Tél.: +509.57.53.89 ou 57.53.58 
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    Port au Prince Haïti

    15/12/98
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