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    Bulletin quadrimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Août  2001
numéro 10
 Revue Synergies

Dans ce numéro:
 

  • Editorial
  • Les facteurs déterminant les choix énergétiques dans les bidonsvilles de Port-au-Prince, par Mildred D. Régis
  • L'énergie de cuisson en Haiti: Considérations d'ordre sociologiques, économiques et écologiques, par Peter Young et Bétonus Pierre
  • L'utilisation du kérosène pour la cuisson des aliments : Quelques observations faites en Haiti, par Peter Young
  • Le projet Energie & environnement de Care-Haiti: Point de vue des artisans, par Robinson Moise
  • Cérémonie de remise de certifiats aux artisans producteurs de réchauds Mirak, par Marie-Pierre Cazeau

  • Résumé des activités énergétiques au cours des 20 dernières années (2ème partie), par Wilfrid Saint Jean 
    Nous  prenons plaisir à annoncer que le thème de la  onzième  édition de la revue sera :Point de vue des acteurs autour de la dégradation de l'environnement liée à la structure énergétique d'Haïti

    Ce bulletin est publié grâce au support finacier de l'USAID, du gouvernement Néerlandais et de la CARE-Haïti 

     

    L’utilisation du kérosène pour la cuisson des aliments : Quelques observations faites en Haïti 
    ParPeter  Young, Consultant

    Introduction

    Le kérosène ou pétrole lampant utilisé pour la cuisson ne bénéficie pas en général d’une bonne réputation car les modèles de première génération ne sont pas faciles à utiliser et sont dangereux. Les ménages tendent à leur préférer les équipements à gaz ou électrique mais les prix sont beaucoup plus élevés. Cependant il existe d’excellents foyers à pétrole mais qui coexistent avec des foyers peu chers et non adaptés aux conditions locales. Par ailleurs l’achat de bouteilles de gaz ne peut pas etre fractionné à la différence du kérosène dont le prix est comparable à celui du charbon de bois. Le kérosène  est également un combustible propre qui peut contribuer à la réduction des émissions.

    http://www.olade.org.ec/haiti/synergie
     

    Economisons le bois-énergie pour préserver l’environnement!


    Le Kérosène est-il si mauvais que ça?

    Tous ceux qui ont utilisé les fours à kérosène peuvent témoigner d’une manière ou d’une autre des mauvaises expériences faites avec  ces équipements. Qu’il s’agisse des manœuvres  pour l’allumage, de fuite de liquide à cause d’un trou dans le réservoir du réchaud ou d’une bouchon mal fermé, du reversement inattendu du kérosène au moment de remplir le réservoir du réchaud, les problèmes sont nombreux. Pire encore sont les accidents liés à l’opération du four lui-même, tels une soudaine remontée de la flamme ou même l’épanchement soudain du kérosène sur toute la surface de la cuisine sans raison apparente ou encore Des difficultés d’allumage à cause d’un vent trop fort. Autant de contrariétés qui ont donc contribué à maintenir vivant les préjugés échafaudés autour des fours à kérosène  malgré les progrès techniques réalisés sur les équipements à kérosène modernes qui ont contribué à les rendre fiables,  faciles à utiliser et très propre.
    Modèle cubain de réchaud à kérosène pressurisé par gravité (1.5m au dessus du brûleur)
    Modèle Cubain de réchaud à kérosène pressurisé par gravité (1.5 mètre au desus du brûleur)

    Comment expliquer que le kérosène soit devenu de moins en moins populaire?

    Dans beaucoup  de pays le gaz et l’électricité sont  les choix privilégiés des consommateurs, cependant l’augmentation de leur utilisation est très liée à l’augmentation des revenus dans les résidences. Il a été donc difficile d’augmenter de façon substantielle les ventes de gaz et d’électricité et les résidences restent encore dépendant du charbono u du bois de feu pour la cuisson. Le kérosène d’un autre côté a été rarement pris en compte à cause de son histoire passée. Dans la grande majorité des cas, ce sont les
    pauvres qui continuent  à utiliser les combustibles traditionnels tels le charbon de bois, le bois de feu et les résidus agricoles, parce que le passage à un combustible moderne nécessite  beaucoup d’argent. Dans beaucoup de cas, le problème le plus sérieux demeure l’indisponibilité de la quantité d’argent nécessaire au moment opportun parce que les circonstances empêchent aux intéressés de mettre de côté assez d’argent pour couvrir ce besoin. Les pauvres n’ont souvent pas accès aux banques et quand cela est possible les services sont mauvais et les attentes longues. Garder de l’argent à la maison est risqué, il peut être volé ou mal dépensé. Une récente enquête parmi les femmes pauvres en Haïti a montré que 67% d’entre elles gardent leur argent dans une boite secrète 23% utilisent une forme d’épargne informelle et seulement 3% utilisent les institutions formelles telles les banques commerciales. Il n’est donc pas étonnant qu’elles aient de la difficulté à collecter les fortes sommes d’argent nécessaires à l’acquisition d’un réchaud à gaz ainsi que les accessoires tels régulateurs et bonbonne qui en définitive coûtent l’équivalent du salaire mensuel de cette catégorie d’individus, même s’il s’agit d’un réchaud aussi bon marché que le Bip ti chéri.

    Combien coûtent les combustibles à ceux qui disposent de peu d’argent?

    En plus du fait que les ménages pauvres trouvent difficilement les moyens de payer le coût intégral des équipements, ils sont dans la plupart des cas ceux qui achètent le combustible en petites quantités. Nous avons remarqué qu’en Haïti la majorité des ménages achetant du charbon de bois sur une base journalière paient l’équivalent de 35US centimes par kg. En comparaison les ménages à revenu moyen paient  environ 20 US centimes par kg pour chaque achat de 2 sacs de charbon de 35 kg, et enfin pour
    les ménages riches qui peuvent se rendre dans les campagnes à bord de leurs voitures ils peuvent payer jusqu’à 7 centimes de dollars par kg.

    Dans les pays où la déforestation est sévère, les coûts par unité de charbon et de bois de feu ne présentent plus aucun avantage comparatif avec le prix de gaz et du kérosène comme c’était le cas il y a dix (10) ans. Ce n’est dons pas une surprise que les ménages les plus pauvres paient plus chers pour cuire leurs aliments que les ménages riches.
    En Haïti, les ménages qui achètent le charbon de bois sur une base journalière dépensent jusqu’à 2.5 fois  plus d’argent par année pour la cuisson que les ménages riches utilisant le gaz. En ce qui concerne le kérosène l’écart est plus grand, de l’ordre de 3.5 fois plus. Les ménages les plus pauvres sont désavantagés de deux (2) manières:

    Modèle Colombien de réchaud à kérosène (pressurisé par pompe)Modèle Colombien de réchaud à kérosène (pressurisé par pompe)

    •   Ils sont obligés d’utiliser des foyers traditionnels, inefficient et bon marché
    •  Ils paient un coût par unité plus élevé pour le combustible consommé.
     Les réchauds à charbon et à bois améliorés peuvent aider à réduire substantiellement la quantité d’argent dépensé en combustible et peuvent aussi agir significativement sur la réduction de la déforestation de façon limitée. L’utilisation des réchauds à gaz est en progression mais nécessite cependant plus d’efforts en particulier au niveau du système de crédit et de la récupération du coût des équipements à travers l’augmentation du prix du gaz.

    Les réchauds à kérosène : le centre du problème?

    Si les réchauds à kérosène possèdent un avantage de marché aussi indiscutable pourquoi sa popularité n’est elle pas plus grande? Les raisons de ce blocage résident dans le réchaud lui-même. Des modèles à bon marché de conception  pauvre et non adaptés aux conditions locales sont encore disponibles en grande quantité, on peut trouver sur le marché haïtien des modèles à mèche conçus et produits en Asie qui ne sont pas assez larges pour supporter les chaudières haïtiennes, et ne produisent pas assez de
    puissance pour cuire les aliments rapidement comme c’est le cas pour les foyers à charbon traditionnels. Dans d’autres pays Caraïbéens on peut  trouver exceptionnellement de très bons réchauds à kérosène qui ressemblent et fonctionnent comme des réchauds à gaz (voir figure 1 et 2).   Dans  ces réchauds à kérosène  pressurisé (modèle à pompe ou à gravité) le kérosène est préchauffé dans un bec la vapeur qui en résulte est injecté dans une tubulure ouverte d’où elle est mélangée avec  de l’air. Ce mélange
    passe à travers une série de trous minuscules ou fentes semblables à ceux observés dans les brûleurs à gaz standard et là on obtient une combustion à flamme bleu semblable en tout point à celle produite par un four à gaz. Les tests de laboratoire indiquent  que ces types de réchauds accusent des rendements supérieurs à 55% avec un rapport de puissance maximale sur minimale qui peut monter jusqu’à quatre. Le prix du modèle à double brûleur peut atteindre un niveau aussi bas que US $25, tandis qu’en comparaison le modèle à double brûleur à gaz le plus  simple peut coûter jusqu’à US $75.

    Ces réchauds à kérosène modernes ont aussi l’avantage de pouvoir être fabriqué localement  dans des  petits ateliers. Le prix peut ne pas baisser mais l’avantage additionnel  réside dans le fait qu’ils peuvent être réparé sur place et à bon marché lorsqu’il y a lieu de remplacer des pièces usagées.

    Les réchauds à kérosène et l’environnement

    Les réchauds à kérosène disposant d’un système de combustion propre, peuvent contribuer à moyen terme à réduire les émissions des ménages qui sont dangereuses pour les cuisinières, leurs familles et l’environnement. Bien que la biomasse soit considérée comme potentiellement favorable à l’environnement, l’utilisation qu’on en fait actuellement est particulièrement dangereuse parce que les types de foyers utilisés (feu ouvert, foyers à trois pierres) produisent un niveau très élevé de monoxyde de
    carbone et de particules. Tenant compte des progrès réalisés dans la technologie de conversion de biomasse (fours et réchauds) ces émissions devraient considérablement baisser. Cependant, la diffusion de tels équipements prendra beaucoup d’années. La gamme actuelle de foyers à kérosène à combustion propre est beaucoup plus efficiente en terme d’utilisation de combustible que les foyers préposés à la combustion de biomasse et sont susceptibles de produire une quantité d’émissions moindre par unité d’énergie produite. Partout où le coût du  kérosène se révèle  plus avantageux que celui du gaz la promotion de son utilisation vaut certainement la peine surtout comme
    substitut au charbon de bois.

    1 Article publié en 1998 en anglais dans le numéro 41 de la revue Boiling Point édité par la GTZ. Traduction de courtoiseie par Wilfrid Saint Jean
     
    Editeur responsable : Andreas Massing
    Auteurs: Mildred D. Régis, Wilfrid St-Jean 
    Conseiller technique: Bétonus Pierre 
    Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
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    Port au Prince Haïti
    11/04/02
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