Accueil Document Energie Revue Carrières Technologies Energétiques  Energie en Chiffres Statistiques Minières Document Mines Profil du BME
 
Logo Care Energy Logo du Bureau des Mines et de l'Energie
 
    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Août 1999 
numéro 4
 
 Revue Synergies

Numéro 1 - Novembre 1998 
Numéro 2 - Février  1999 
Numéro 3 - Mai 1999 
Numéro 4 - Août 1999 

Dans ce numéro:
 
  • Editorial
  • Le gaz de pétrole liquéfié en Haïti: Evolution et perspectives, par Jerry Gousse
  • Naissance de l'Association des industries du gaz propane en Haïti, par Jerry Gousse
  • Le gaz, énergie du XXIème siècle : un atout naturel pour Haïti, par Wilclair Clergé
  • Réactions des nouveaux utilisateurs d'équipements à gaz : l'expérience de la ECOGAZ, par Michel Carl Simon
  • Le GPL dans les cantines scolaires: l'expérience du PAM, par Charles Vincent
  • Vive les bienfaits du gaz: les premiers résultats d'une expérience pilote au Parc Industriel, par Dalcé J. Kissinger et Emile Jean Gilles
  • Observations sur la diffusion du gaz ménager en Afrique de l'Ouest, par Andreas Massing

  •  

    Mode de cuisson des aliments dans les cantines scolaires
    Mode de cuisson des aliments dans les cantines scolaires
    Le GPL dans les cantines scolaires : l’expérience du PAM, par Charles Vincent  

     Le Contexte 

    Le projet d’appui du Programme Alimentaire Mondiale (PAM) au Gouvernement à travers le Ministère de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports (MENJS) a démarré en janvier 1999. Il consiste à fournir une assistance destinée à couvrir les besoins d’un certain nombre de cantines scolaires localisées principalement dans les régions de Port-au-Prince, du Nord et du Nord Est. Dans le cadre de ce projet, une expérience pilote d’installation de quelques réchauds à gaz est actuellement en cours dans le Nord et le Nord Est. L’effort est modeste pour le moment, mais l’objectif visé est de parvenir à un niveau de diffusion appréciable de ces équipements dans les cantines scolaires.  

    Résultats obtenus 

    Jusqu’à présent le bilan est très positif: rapidité de cuisson, propreté des lieux, des cuisinières très satisfaites qui ont amélioré leur façon de s’habiller, mobilisation de la direction de l’école. Mais selon le directeur des écoles, le gaz part trop vite. Toutefois les avantages et inconvénients décrits, réels ou pas, mais certainement perçus, sont ceux consignés dans la "Note d’information sur les Cantines Scolaires" préparée par la CARE et le BME en support à la journée-atelier autour de la problématique de l’énergie dans les cantines scolaires tenue le 29 juillet dernier à l’hôtel Montana. 

    (Suite)
    Propositions  
    . Quelques réflexions supplémentaires 
     
    Propositions  

    1. Une approche dogmatique sur le tout gaz, ou le tout bois, ou le tout kérosène n’est pas réaliste. Les solutions doivent être appropriées en fonction du milieu ambiant, des ressources de la localité, des infrastructures existantes et des moyens disponibles. Mais il faut AGIR! 

    Il est primordial d’avoir un slogan du genre : plus (lire plu et non plussss) de cuisson sur les feux à 3 pierres. L’âge de pierre est terminé il y a longtemps. L’environnement haïtien ne peut plus supporter ses méfaits. En conséquence, les mesures appropriées doivent donc être prises en vue de faire face aux contraintes politiques, économiques, techniques et de vulgarisation. 

    2. En ce qui concerne le gaz, tout le monde sait que le prix payé par le consommateur est un indicateur important dans le succès ou l’échec des campagnes de motivation et de vulgarisation. Il semble, d’après mes informations, que la République Dominicaine applique un système de subvention croisée (des taxes sont prélevées sur d’autres produits pétroliers) pour pouvoir subventionner la vulgarisation du gaz. Toutes les écoles cuisinent au gaz, la majorité de la population cuisine au gaz. Je propose donc que le Gouvernement haïtien continue et accélère sa réflexion sur les modalités de réduire substantiellement le prix du gaz. Une fraction d’une gourde de taxe sur la gazoline devrait permettre une subvention importante pour le gaz, le mettant à la portée des moins fortunés. 

     3. Le rapport sus-mentionné parle de 1 a 2% de réduction du volume total de bois utilisé. Mais l’expérience du PAM montre que les effets induits peuvent être plus importants. Quand les familles voient qu’un four amélioré, qu’il soit au gaz, au charbon de bois ou à bois, comporte des avantages certains, elles finiront par adopter la technologie. Par exemple, au Madagascar, où la plupart des écoles utilisaient les foyers à 3 pierres, le PAM y a fait construire des fours améliorés au bois, diminuant la consommation de bois de 60 à 70 %. Les parents ayant constaté que la technologie marchait ont décidé de construire chez eux le même modèle, mais à dimension réduite. Sans subvention, mais aussi sans problèmes. 

    Pour conclure, je propose que l’âge de pierre soit officiellement déclaré banni, du moins dans les écoles; que les mesures de politique énergétique appropriées soient étudiées et mises en oeuvre pour permettre aux haïtiennes, et aux haïtiens qui cuisinent, de cuisiner mieux, de cuisiner plus propre, plus rapidement, avec moins d’énergie pour préserver l’environnement et pour permettre aux gens d’avoir plus de temps pour étudier, travailler, ou tout simplement se reposer au lieu de passer des heures à collecter le bois ou devant le feu. Le temps est à l’action.  

    Quelques réflexions supplémentaires  

    Les écoles recevant un four amélioré perçoivent cette implantation comme une modernisation. Psychologiquement c’est important. Les parents, les directeurs, les professeurs, les cuisinières, tout le monde s’y intéresse. 

    Désormais autour de l’école, un nombre important de sujets peuvent être abordés: hygiène, alphabétisation, formation sur l’utilisation des réchauds, infrastructure, santé scolaire. L’école devient ainsi un pôle de développement. 

    Si les enfants voient cuisiner pendant des années sur des réchauds améliorés, ils auront tendance à utiliser eux mêmes des réchauds améliorés quand ils seront grands. 

    Les fours améliorés sont ils si chers à l’achat? Au prime abord oui, mais quand on ramène le coût par enfant et par jour, il est infime. Par exemple, un repas coûte entre 4 et 6 gourdes par jour et par enfant. Un four a gaz (le plus cher) coûte entre 0,10 et 0,16 gourdes par jour, par enfant et ce pour un an1. Ces paramètres sont de nature à convaincre les donateurs à financer l’installation de systèmes énergétiques modernes dans les cantines scolaires. 

    Nous proposons d’inclure automatiquement le coût du four amélioré dans les programmes de cantines scolaires, par exemple à travers les denrées non-alimentaires. 

    Il n’est pas nécessaire d’éliminer totalement l’utilisation du bois. Par contre, il faut que le taux de reboisement ou de régénération soit supérieur au taux de déboisement. C’est un équilibre qui est à rechercher. 

    Le coût et les avantages (économiques) des réchauds améliores ne prennent pas en compte le coût social élevé du déboisement, de l’érosion, de la perte de la biodiversité et du potentiel touristique du pays. Si ces coûts sociaux et écologiques étaient comptabilisés, le rapport pencherait encore plus en faveur du gaz et des réchauds améliorés, malgré leur coût apparemment plus important au départ (voir analyse économique ci dessus). 

    Il est de la responsabilité de l’Etat de prendre les mesures nécessaires quand des actions ont des coûts sociaux élevés. Le marché ne le fera pas car l’analyse coût-bénéfice d’une entreprise ne prend pas en compte les aspects sociaux ou le fait rarement et le plus souvent partiellement. La collectivité relève de la responsabilité de l’Etat et il est donc tout a fait approprié qu’un Gouvernement légifère sur des aspects environnementaux, y compris le combustible utilisé par les collectivités locales (écoles, hôpitaux, prisons...)comme moyen de cuisson. 

    Malgré l’existence des sources alternatives d’énergie (biogaz, briquettes de déchets...) il semble important de mettre l’accent sur ce qui peut avoir le plus gros impact le plus rapidement possible, en d’autres termes ce qui a une utilité marginale la plus importante. Il est plus important de réduire très rapidement à grande échelle la consommation de 30 ou 40 % plutôt que de réduire à toute petite échelle de 50 ou 60%. Il faut agir. Les recherches sont concluantes. Il n’y a pas de doute que l’utilisation des réchauds améliorés dans les cantines scolaires peut contribuer à l’éducation des jeunes et favoriser des économies substantielles d’énergie. 

    1/ Si on estime, de manière très prudente, la durée de vie d’un réchaud à 3 ans, cela veut dire que le coût est entre 0,03 et 0,05 gourdes par jour et par enfant, donc à peu pres1% du coût du repas. Dans le cas des fours améliorés à bois, on tombe à 0,5% du coût du repas. 
     

     
    Editeur responsable: Peter Young   
    Auteurs: P. Young, Wilfrid St-Jean.   
    Conseiller technique: Bétonus Pierre   
    Edition Internet: Wilfrid Saint Jean  
    avec le soutien technique du REHRED
    Envoyez vos lettres à:   Andreas Massing / Wilfrid Saint-Jean  
    Bulletin Synergies,  CARE / BME  -  E-mail: young@pap.care.org 
    Rue Grégoire 92, Pétionville, Haïti.  
    P.O. Box : 15546 Port-au-Prince  
    Tél.: +509.57.53.89 ou 57.53.58 /  Fax: +509.57.67.85  
     
    Page d'accueil BME
    Haut de la Page

    mines-energie@rehred-haiti.net
    © BME et REHRED
    Port au Prince, Haïti
    22/09/99
    Cette page: http://rehred-haiti.net/membres/bme/Synergies/numero4/vincent.html