Accueil Document Energie Revue Carrières Technologies Energétiques  Energie en Chiffres Statistiques Minières Document Mines Profil du BME
Logo Care Energy Logo du Bureau des Mines et de l'Energie
    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Décembre 1999
numéro 5
 Revue Synergies

Numéro 1 - Novembre 1998
Numéro 2 - Février  1999
Numéro 3 - Mai 1999
Numéro 4 - Août 1999
Numéro 5 - Décembre 1999
 
 

Dans ce numéro:

  • Editorial
  • Energies renouvelables : pour qui, pour quoi,  comment? par Marie Hélène Blary 
  • Les cuiseurs solaires et les besoins énergétiques des résidences en Haïti, par Wilfrid Saint Jean
  • L'énergie solaire et la cuisson , Normil Hubert Paul
  • Peut-on considérer la Conférence Mondiale de Varèse (Italie) comme un nouveau départ pour la cuisson solaire, par Dieuseul Anglade 
  • Les leçons tirées d'une campagne de diffusion de la méthode de cuisson solaire, par Normil Hubert Paul

  •  
    Synergies peut être désormais consulté sur internet en version orginale à l'adresse suivante : http:/rehred-haiti.net/membres/bme/synergie

    Séance de démonstration de cuiseur panel à Lascahobas

    Séance de démonstration de cuiseur
    "Panel" à Lascahobas

    Les leçons tirées d' une campagne de diffusion de la méthode de cuisson solaire,

    par Normil Hubert Paul, Directeur de développement du programme énergie solaire , Eglise Méthodiste

    Introduction

    Plusieurs séances de diffusions de boites solaires ont été réalisées dans le cadre des activités du programme d’énergie  solaire de la Mission Méthodiste libre d’Haïti. Ces expériences qui ont eu lieu pendant près de trois (3) années ont permis à l’équipe de diffusion de faire un certain nombre d’observations. Nous voulons dans cet article les partager avec vous.

    Niveau d’interrogation relevé dans le public

    L’équipe  s’attendait à  un premier  obstacle qui pourrait surgir lors de la présentation de la méthode de cuisson solaire c’est celui relatif aux barrières culturelles. On sait en effet que la méthode de cuisson traditionnelle fait partie intégrante de la culture haïtienne. Cependant les observations de terrain révèlent par contre  que les boites utilisées pour la cuisson solaire s’adaptent facilement aux traditions, aux coutumes et répondent  à un besoin de combustible et à l’urgence environnementale de l’heure.

    (Suite)

    Niveau de participation
    Résultat des séances de diffusion
    Conclusion
     
     
     


    Chaque séminaire réalisé, suivi de démonstrations pratiques, apporte une nouvelle expérience à cause des différences existantes dans les pratiques de consommation et les habitudes alimentaires des communautés concernées. Par exemple, en planifiant une séance de formation dans l’Artibonite, il faut prendre en compte les aliments préférés des habitants de la zone. On se rappelle qu’au cours de deux séminaires réalisés respectivement  à Saint Marc et à Gonaives la première question posée par les participants a été  la suivante : les fours solaires sont ils capables de cuire les légumes et les crabes,  en particulier “lalo”, légume préféré des gens de l’Artibonite? Mais la cuisson une fois réalisée le doute disparut et les gens étaient convaincus que cet instrument bizarre (la boite solaire) pourrait être utile à quelque chose. Par la suite les Saint Marcois étaient les premiers à organiser une démonstration de cuisson solaire à Petite-Rivière de l’Artibonite. Les gens qui y ont assisté étaient stupéfaits de voir des oeufs cuits sans eau et sans combustible visible (charbon, gaz). Certains d’entre eux ne voulaient même pas goûter les repas offerts évoquant le caractère surnaturel de la cuisson (se maji). A Descossières  (Gros-Morne) les gens ont même pris leur jambe à leur cou quand on les invitait à manger.

    Niveau de participation

    Le caractère pratique de la méthode de cuisson solaire ainsi que la simplicité des  équipements utilisés ont contribué  à donner à la cuisson solaire son droit de cité à coté des autres méthodes de cuisson. Il n’est pas nécessaire par exemple d’avoir un niveau intellectuel élevé pour l’utiliser. Bon nombre de  bénéficiaires de la campagne de diffusion sont complètement analphabètes et pourtant ils arrivent à fabriquer leurs cookits (panels) et à réaliser leurs propres cuissons.

    Economies réalisées au cours de quatre séminaires
    (pendant 4 jours à raison de 5 gdes par marmite)


    Régions 
    Nombre de participants et curieux
    Quantité de charbon (marmite)
    Valeur (gourdes)
    Port-au-Prince (11-14/06)
    Port-au-Prince (22-25/06)
    La Gonâve (27-29/07)
    Gonaïves (17-20/08)
    30
    32
    35
    26
    40
    42
    46
    34
    200
    210
    230
    170
    Total
    123
    162
    810

    Un message  important à tirer  des expériences de terrain c’est la participation des bénéficiaires dans l’acquisition des matériels et aussi dans la réalisation des séances de cuissons. A chaque atelier de formation les participants motivés apportent  après consensus les provisions nécessaires  à la préparation du repas de la journée. La participation des bénéficiaires tant au niveau des matériels que de la nourriture représente un élément important  pour la suite du projet et pour l’avenir  de la méthode de cuisson solaire en Haïti. Les initiateurs du programme ont aussi noté l’effet multiplicateur généré dans la population bénéficiaire. Plus d’une centaine de personnes ont été formées par le truchement  d’autres  personnes qui ont été elles-mêmes formées directement par le programme. Elles se sont mêmes constituées en association sous le nom de  "Groupe Animateurs Volontaires"  (GAVOL) et se répartissent dans différentes régions du pays: Gonaives, Saint Marc, La Gonave, Jérémie, Port-au-Prince, Port à Piment, Hinche, Camp-Perrin, Anse Rouge pour ne citer que celles-là.

    Résultat des séances de diffusion

    Grâce à la motivation au dynamisme de l’équipe du programme ajouté à l’appui des organismes partenaires notamment le Bureau des Mines et de l’Energie, plus de 600 personnes en moins de trois mois ont déjà reçu une formation aux méthodes de fabrication des cuisinières solaires ainsi que les techniques d’utilisation appropriées. Une enquête nous a permis de noter que 65% des bénéficiaires utilisent l’énergie solaire pour la cuisson pendant les jours ensoleillés, 20% l’utilisent pendant les week-end et 15%  occasionnellement  et par fantaisie. Ces résultats peuvent être considérés comme satisfaisants, car chaque nouvel utilisateur est un modèle susceptible d’entraîner d’autres à utiliser cet équipement plutôt curieux.

    Après Port-au-Prince la région des Gonaives est celle qui renferme le plus de personnes formées et informées sur les méthodes de cuisson solaire. Ces résultats font suite à plusieurs séminaires organisés par notre équipe ajouté à un grand reportage réalisé par télé star des Gonaives. Ce qui a permis aux habitants de la ville et de ses environs de suivre pendant trois  semaines une grande partie des séances. Suite à des demandes réitérées des habitants de la zone une mini-boutique solaire a été  implantée aux Gonaives. On peut y trouver le matériel de base nécessaire pour utiliser la boite de cuisson solaire. La disponibilité du matériel sur place représente un point fort pour le programme et pour les bénéficiaires.

    Après chaque séminaire les participants réalisent eux-mêmes un calcul faisant l’estimation du charbon ainsi que de l’argent économisé en utilisant la boite solaire. Les données recueillies dans diverses régions  nous ont permis de présenter ci-dessous un tableau faisant état des résultats obtenus au cours des séances de diffusion dans différentes régions du pays.

    Conclusions

    Ces informations collectées dans plusieurs régions du pays montrent que des économies d’énergies (charbon et bois) et d’argent sont possibles en adoptant la cuisson par l’énergie solaire comme l’une des alternatives aux méthodes de cuisson traditionnelles. Les résultats montrent en effet qu’il est possible d’économiser entre 50 et 125 gourdes par personne et par mois sur la rubrique charbon de bois destiné à la cuisson des aliments. Ce niveau d’économie n’est pas du tout négligeable quand on sait combien l’épargne est difficile à réaliser dans les ménages pauvres des régions urbaines et suburbaines qui disposent de très faibles revenus pour faire face à tous leurs besoins. En outre il est très difficile d’ignorer l’impact de cette économie de combustible sur la demande  de charbon de bois et sur l’amélioration de la qualité de vie des bénéficiaires. On peut donc en utilisant l’énergie solaire  faire d’une pierre deux coups : épargner de l’argent et protéger l’environnement.

     1 / Les rapports de deux bénéficiaires de Carrefour Peyi couvrant une période de deux semaines d’utilisation de l’énergie solaire mentionnent des bénéfices de 225 gourdes chacun.

    Editeur responsable: Peter Young 
    Auteurs: A. Massing, Wilfrid St-Jean
    Conseiller technique: Bétonus Pierre 
    Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
    avec le soutien technique du REHRED
    Envoyez vos lettres à:Andreas Massing / Wilfrid Saint-Jean 
    Bulletin Synergies,  CARE / BME  -  E-mail: massing@pap.care.org
    Rue Grégoire 92, Pétionville, Haïti. 
    P.O. Box : 15546 Port-au-Prince 
    Tél.: +509.57.53.89 ou 57.53.58 /  Fax: +509.57.67.85 
    Page d'accueil BME
    Haut de la Page

    mines-energie@rehred-haiti.net
    © BME et REHRED
    Port au Prince, Haïti
    23/01/00
    Cette page: http://rehred-haiti.net/membres/bme/synergies/numero5/campagne.html