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    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Décembre 1999
numéro 5
 Revue Synergies

Numéro 1 - Novembre 1998
Numéro 2 - Février  1999
Numéro 3 - Mai 1999
Numéro 4 - Août 1999
Numéro 5 - Décembre 1999

Dans ce numéro:

  • Editorial
  • Energies renouvelables : pour qui, pour quoi,  comment? par Marie Hélène Blary 
  • Les cuiseurs solaires et les besoins énergétiques des résidences en Haïti, par Wilfrid Saint Jean
  • L'énergie solaire et la cuisson , Normil Hubert Paul
  • Peut-on considérer la Conférence Mondiale de Varèse (Italie) comme un nouveau départ pour la cuisson solaire, par Dieuseul Anglade 
  • Les leçons tirées d'une campagne de diffusion de la méthode de cuisson solaire, par Normil Hubert Paul

  •  
    Synergies peut être désormais consulté sur internet en version orginale à l'adresse suivante : http:/rehred-haiti.net/membres/bme/synergie
     

    Peut-on considérer la conférence mondiale de Varèse (Italie) comme un nouveau départ pour la cuisson solaire,

    par Dieuseul Anglade, Directeur général du Bureau des Mines et de l'Energie

    Préambule

    Dans le cadre des activités  du Programme Solaire Mondial, l’UNESCO a invité le BME à participer à la Conférence Internationale sur la Cuisson Solaire et le Traitement des Aliments organisée en Italie du 3 au 6 octobre 1999 par l’Académie Solaire Mondiale et les Autorités de la province de Varèse.

    (Suite)

    Les expériences partagées par d’autres pays
    Les avantages et inconvénients de la cuisson solaire
    Financement des projets solaires
    Perspectives
    Conclusions et Recommandations

    Cette Conférence a offert aux 300 experts et décideurs politique du monde entier (il y a eu des délégués venus de 64 pays, dont Haïti) l’opportunité d’échanger leurs connaissances et expériences, de présenter les projets en cours, d’exposer leurs modèles de cuiseurs solaires et de s’informer sur les opportunités de financement dans le domaine.

    Les expériences partagées par d’autres pays

    Le délégué haïtien représentant  le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) a eu l’opportunité d’apprécier les efforts réalisés dans ce domaine par d’autres pays dont les conditions écologiques et démographiques sont similaires à celles d’Haïti. Nous voulons ici en relater quelques uns.

    Au  Sénégal  où le processus de désertification est aussi avancé qu’en Haïti, la gestion du programme de reforestation se fait par la communauté elle-même. Cependant, parallèlement au programme de reforestation le Gouvernement subventionne le GPL et fait la promotion de l’énergie solaire.

    Au  Costa Rica, le Gouvernement fait la promotion de l’énergie solaire pour la cuisson et le chauffage à l’aide de show itinérants et de séminaires. Des séances de formation à l’usage des cuiseurs solaires ont été organisées au sein des communautés. Des séminaires ont même été organisés dans d’autres pays tels que la République Dominicaine et le Pérou.

     En Inde les premiers tests de cuisson solaires remontent aux années 50. Cependant, la réticence de la population à accepter les cuiseurs solaires n’a pas permis une forte pénétration. C’est seulement après la crise pétrolière et suite à l’apparition de nouveaux modèles, que le niveau d’acceptation a beaucoup augmenté.  Dans les zones rurales où les cuiseurs solaires sont acceptés, la consommation de charbon de bois a diminué notablement. Le pays est doté maintenant de 14 magasins débitant des équipements et articles  solaires. Des cuiseurs  solaires équipés de réflecteurs paraboliques sont utilisés un peu partout et peuvent être achetés à raison de  $200 l’unité. Le représentant de l’Inde a fait état d’une installation constituée de panneaux solaires paraboliques alimentant une ligne de foyers ou circulent de la vapeur d’eau surchauffée ou de l’huile, transmettant la chaleur à des cuiseurs où les mets sont préparés en 20 à 25 minutes.

    L’énergie solaire est aussi utilisée pour chauffer l’eau et sécher des produits. A titre d’exemple des panneaux solaires totalisant 572 m2 ont permis de sécher dans une usine 15 à 20 tonnes de produits par jour.

    Au Kenya, dans trois (3) camps de réfugiés, d’habitudes d’alimentation et de cuisson différentes, la technologie de cuisson solaire est acceptée comme méthode alternative pour la préparation des repas. Ceci a permis d’économiser 1 kg de bois/famille/jour, quantité qu’elle ne  pourrait jamais collecter dans le voisinage puisque la population locale ne le permettrait pas.

    Les cuiseurs solaires sont généralement difficiles à accepter.  C’est ce que révèle une enquête menée auprès de  cinquante mille familles en Inde, l’un des pays où la technologie solaire est la plus répandue.

    Les avantages et inconvénients de la cuisson solaire

    La technologie solaire ne permet pas à elle seule d’éradiquer la pauvreté.  Elle permet de réduire la dégradation de l’environnement par la réduction de la demande en charbon de bois et en bois de feu.  Elle diminue donc la pollution par la réduction des émissions de gaz carbonique.  Elle permet aussi d’épargner le temps, consacré à la recherche du bois.  Cependant, l’énergie solaire, vu son intermittence, nécessite toujours une énergie d’appoint qui, en milieu rural, n’est autre que le bois. Il faut donc planter des arbres, en particulier ceux qui fixent l’azote.  La couverture végétale fixe plus d’atomes de carbone par photosynthèse que ceux émis  au moment  de la cuisson.

    Financement des projets solaires

    La communauté Internationale parait disposée à supporter le développement de la cuisson solaire. Au cours de cette conférence mondiale nous avons appris que des fonds sont disponibles pour des projets solaires aux Nations-Unies.  Les demandes doivent être  présentées par les représentants permanents des pays auprès des Nations-Unies à New-York.

    La Convention de LOMÉ, qui inclut 78 pays, comprend un chapitre consacré à l’énergie. Dans le cadre de la nouvelle Convention, actuellement en renégociation, l’accent sera mis sur le développement durable, l’intégration de l’économie mondiale, l’efficience énergétique ainsi que la contribution à la solution des problèmes de pauvreté :  éducation, création d’emploi.

    La Banque Mondiale à travers l’International Finance Corporation (IFC) et le GEF a consacré à de petits projets, des fonds qui peuvent atteindre jusqu’à US$ 1 million.

    Perspectives

    En cette période où le Bureau des Mines et de l’Energie met les bouchées doubles dans la campagne de promotion des sources d’énergie propre et sans danger pour l’environnement, notre participation à la Conférence Internationale sur la cuisson solaire nous a permis de mesurer les progrès déjà accomplis par d’autres pays dans le domaine de la technologie solaire.  Nous avons aussi constaté que la communauté internationale est enfin décidée à aider les plus pauvres à faire entrer dans leurs habitudes de cuisson cette source d’énergie qui ne coûte absolument rien mais qui leur est actuellement inaccessible pour diverses raisons. L’utilisation de cette source d’énergie nécessite un investissement initial et une technologie appropriée pour lesquels une assistance technique et économique est nécessaire.Cependant, il est regrettable que les firmes multinationales intervenant dans l’exploitation et la commercialisation des énergies fossiles ne participent pas à ce mouvement car l’énergie solaire  ne pourra jamais  remplacer complètement les autres formes d’énergie de cuisson à cause de facteurs liés à la disponibilité en tout temps de l’énergie et aux habitudes de cuisson en cours dans les communautés ciblées.

    Conclusions et Recommandations

    En définitive, l’utilisation de l’énergie solaire pour la cuisson contribuera notablement à réduire les émissions de gaz à effet de serre et favoriser le développement des puits de carbone (en l’occurrence les forêts).

    Dans le cas d’Haïti, où les conditions d’ensoleillement sont nettement favorables, beaucoup d’efforts restent à faire pour introduire l’énergie solaire dans les habitudes de cuisson de la population.  Il est vrai qu’il faut disposer d’espace non couverts, ce qui n’est pas courant en milieu urbain.  Cependant, le cuiseur solaire pourrait être utilisé toutes les fois que les conditions sont réalisées (toit des maisons, clairières dans les  cours des habitations) où que l’on se trouve  obligé de le faire (manque d’argent pour le charbon ou le gaz).  En tout état de cause, il y a deux (2) fonctions dans les habitudes haïtiennes où l’énergie solaire convient mieux que le charbon ; ce sont :

    a) Le chauffage et/ou  la stérilisation de l’eau (pour le bain et les boissons spécialement pour les nourrissons) ;
    b) La cuisson du haricot sec (crevé pwa sek) où la présence de la cuisinière n’est nullement nécessaire à côté du cuiseur.  Cette activité consomme beaucoup  d’énergie surtout en l’absence de marmite à pression.

    Il est souhaitable qu’Haïti ne reste pas à l’arrière dans cette prise de conscience internationale exprimée dans la  Déclaration de Varèse qui a été adoptée par tous les participants. 


     
    Editeur responsable: Peter Young 
    Auteurs: A. Massing, Wilfrid St-Jean
    Conseiller technique: Bétonus Pierre 
    Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
    avec le soutien technique du REHRED
    Envoyez vos lettres à:Andreas Massing / Wilfrid Saint-Jean 
    Bulletin Synergies,  CARE / BME  -  E-mail: massing@pap.care.org
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    08/02/00
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