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    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Décombre 2000
numéro 8
 Revue Synergies

Dans ce numéro:

  • Editorial
  • Signature d'un contrat de finacement du projet énergie & environnement entre USAID et CARE-Haiti
  • Le charbon  de bois : mythes et réalités
  • Comment favoriser en Haíti la substitution du charbon de bois par des combustibles pétroliers
  • La promotion de substituts et les économies d'énergies dans les ménages: l'affaire de tous

  • * La mise en place du programme de substitution du charbon de bois en Haïti dans le contexte de l'Accord de Caracas


    (Suite de l'article)

    - Un exemple d’effort de substitution   entrepris en Haïti 
    - Les grandes lignes de l’Accord de Caracas
    - Perspectives pour le futur
    - Conclusions et recommandations
     
     

    Utilisez le réchaud mirak qui permet d'économiser 40% de votre consommation de charbon
    La mise en place du programme de substitution du charbon de bois en Haïti dans le contexte de l’Accord de  Caracas, par Jean-Robert Altidor, BME

    Le contexte global de la substitution 

    Depuis les chocs pétroliers de 1973 1978 et 1984, les pays développés déploient de grands moyens pour trouver d’autres alternatives aux combustibles d’origine fossile. Cette prise de conscience a permis l’émergence d’autres sources d’énergies telles : le gaz naturel,  l’énergie nucléaire, l’énergie solaire, l’énergie éolienne et la biomasse. Le développement de ces nouvelles sources d’énergie a provoqué des changements dans la structure énergétique des ménages  où l’électricité a progressivement remplacé le gaz de pétrole liquéfié (GPL). 

    Dans les pays en voie de développement l’utilisation des combustibles ligneux dans les ménages demeure une source  de préoccupations pour les dirigeants qui n’arrivent pas jusqu’à présent à mettre sur pied une politique rationnelle de substitution par des combustibles pétroliers, en particulier  le GPL. 

    Economisons le bois-énergie pour préserver l’environnement!

    En effet, l’absence de structures adéquates, le manque de fonds et le coût élevé de l’or noir sur le marché international sont, en général, les critères évoqués pour justifier les retards enregistrés dans la mise en place des politiques de substitution adaptées. 

    Un exemple d’effort de substitution  entrepris en Haïti 

    En Haïti,  le  premier projet de substitution de charbon de bois par le GPL a été initié au cours de l’année 1989 avec une cuisinière monofeu, commercialisée sous le nom de «Bip ti chéri» et utilisant le butane comme combustible. Ce projet initié par la Shell et subventionné par l’État haïtien et le Gouvernement Français, avait pour objectif de permettre aux petites bourses, consommateurs importants de charbon dans la région métropolitaine, de se doter d’une cuisinière à gaz efficace et à peu de frais. Au moment du lancement des activités du projet, la cuisinière, se vendait à 150 gourdes. Ce prix alléchant a facilité la vente de plus de 80.000 unités entre  1889 et  1991. En dépit d’un certain nombre d’incidents mineurs enregistrés (brûlure, explosion de  bonbonne etc..), les ménages avaient bien accueilli l’initiative. Actuellement la cuisinière n’est plus subventionnée
    et elle coûte plus de  1600 gourdes. Depuis lors l’Etat n’a pris aucune initiative dans ce domaine. Aujourd’hui, l’accord signé entre le Venezuela et Haïti offre l’opportunité à l’État haïtien de réaliser le programme «tout au gaz», que tous les écologistes appèlent de leurs vœux. 

    Les grandes lignes de l’Accord de Caracas 

    Il s’agit d’un accord de coopération en matière énergétique prévoyant la fourniture par le Venezuela de pétrole brut et de produits dérivés à Haïti selon les procédures établies par le gouvernement vénézuélien  et les pratiques commerciales des entreprises pétrolières de ce pays. Selon cet accord le Venezuela accordera des crédits pour financer la coopération commerciale sur les biens et les services et ou des projets de développement économique en Haïti à moyen et à long terme sur une durée maximum de 15 ans, avec une période de grâce de 1 an, un taux d’intérêt annuel  de 2% qui varie en fonction du niveau  des prix moyens de vente du baril de pétrole. 

    Perspectives pour le futur

    Dans le cadre de  cet accord Haïti, dispose désormais d’un nouvel outil susceptible d’aider les dirigeants à définir et appliquer enfin une politique énergétique nationale qui accorderait toute l’importance qu’il mérite au volet  de substitution d’énergie dans les ménages et les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Actuellement, le secteur privé assure seul, l’importation, la distribution et la commercialisation des produits pétroliers sur tout le territoire de la République d’Haïti. L’État intervient seulement dans le  prélèvement des taxes et la régularisation du marché en fixant les prix aux consommateurs, sauf pour le GPL.

    Ce produit  est de fait contrôlé  par les compagnies privées (Shell Sodigaz  et ELF Servigaz) qui sont libres de fixer leurs marges bénéficiaires en fonction des coûts d’acquisition du produit. Or, du fait que l’État n’intervient pas dans ce dernier pallier de la structure des prix  de ce produit les consommateurs font face à des fluctuations de prix parfois importants qui peuvent même influencer  leur décision de continuer avec le gaz, en optant soit pour la conversion  au kérosène (malgré la faible efficacité des réchauds à kérosène) ou tout simplement pour le  retour au charbon de bois.  La hausse du prix du GPL, selon les compagnies, est due aux problèmes de la décote de la gourde, l’augmentation des prix sur le marché international, la faible capacité de stockage disponible en Haïti et  la fragilité du produit, pour ne citer que ceux-là. 

    Conclusions et recommandations 

    Le gouvernement haïtien doit donc intervenir dans le cadre de cet accord pour se pencher le plus vite possible sur les  problèmes évoqués  par les compagnies pétrolières. La solution à  ces problèmes, devrait entraîner une diminution du prix des produits pétroliers aux consommateurs. Rappelons que selon les clauses de l’accord permettent aux pays signataires de financer des projets à partir des crédits octroyés par le Gouvernement vénézuélien.  Ainsi, avec l’accord de Caracas1 , le programme de substitution du charbon et du bois de feu, qui constitue un mythe pour les dirigeants, est possible en Haïti s’ils ont la volonté de la rendre effective. Par ailleurs, ce programme ne pourrait atteindre son objectif que s’il est accompagné de mesures destinées à assister  les paysans qui vivent de  la production du charbon de bois. 

     1/ L’accord de Caracas prévoit un taux d’intérêt annuel de 2%  tandis que pour celui de San José ce taux est beaucoup plus élevé.
     
    Editeur responsable : Andreas Massing
    Auteurs: Mildred D. Régis, Wilfrid St-Jean
    Conseiller technique: Bétonus Pierre 
    Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
    avec le soutien technique du REHRED
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    Port au Prince Haïti
    05/05/01
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