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    Bulletin trimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Décombre 2000
numéro 8
 Revue Synergies

Dans ce numéro:

  • Editorial
  • Signature d'un contrat de finacement du projet énergie & environnement entre USAID et CARE-Haiti
  • Le charbon  de bois : mythes et réalités
  • Comment favoriser en Haíti la substitution du charbon de bois par des combustibles pétroliers
  • La promotion de substituts et les économies d'énergies dans les ménages: l'affaire de tous

  • La mise en place du programme de substitution du charbon de bois en Haïti dans le contexte de l'Accord de Caracas


    (Suite de l'article)

    * Mode de consommation des ménages ruraux et urbains
    * Promotion de Sources Alternatives d’Énergies
    * Comment économiser l’énergie de cuisson
    * Coûts comparés des combustibles de cuisson
    * Conclusion
     

    Utilisez le réchaud mirak qui permet d'économiser 40% de votre consommation de charbon
    La promotion de substituts et les économies d’énergies dans les ménages : l’affaire de tous,
    par Wilfrid Saint Jean, BME

    Introduction

    La notion d’économie et de substitution d’énergie dans les ménages suppose une certaine connaissance de base des combustibles et des équipements utilisés et à promouvoir ainsi qu’une volonté d’en tirer le maximum de rendement. Cette connaissance doit s’étendre sur les domaines techniques et économiques (coûts et marché) de ces produits. C’est    la maîtrise  de ces informations qui va guider les choix de chaque consommateur en fonction d’une part de ses besoins propres, de ses possibilités d’accéder à un niveau de confort donné et des possibilités qu’offre le marché. Les analyses qui seront faites dans cet article concernent uniquement l’énergie de cuisson dans le secteur domestique et se limiteront à la structure actuelle de consommation des ménages haïtiens et des possibilités d’aboutir à des économies d’énergies et à la promotion de substituts en tenant compte de cette structure

    Economisons le bois-énergie pour préserver l’environnement!

    Différents paramètres sont susceptibles de guider le choix du consommateur en matière de combustibles et d’équipements de cuisson. On peut citer par exemple la localisation géographique  (campagne versus villes intérieures ou côtières), la proximité d’une source de combustible et la disponibilité des équipements de transformation appropriés, le niveau de revenu et les politiques publiques en la matière ( niveau des taxes, facilités ou barrières douanières et subvention). Le développement d’un marché de combustibles et d’équipements appropriés dépend donc de tous   ces facteurs.

    Comment ces facteurs ont ils influencé  la  structure de consommation des combustibles de cuisson en Haïti?

    Mode de consommation des ménages ruraux et urbains

    Divers travaux conduits dans le cadre de projets de reforestation sur la consommation rurale de combustibles mettent en évidence que le bois de feu est quasiment le seul combustible utilisé en milieu rural pour la cuisson des aliments et les besoins connexes. Diverses estimations des quantités consommées donnent des chiffres convergeant autour de 500 kg.  de  bois de feu par personne et par an. Ce bois, est dans la majeure partie des cas, collecté gratuitement par les paysans sur leurs terres. Dans  certaines régions  cependant, notamment dans les zones de grandes cultures comme la canne à sucre ou le vétiver, on note l’apparition d’une commercialisation rurale du bois de feu, parfois même pour  l’usage domestique. L’usage du charbon de bois est relativement marginal et concentré dans quelques zones de grande production charbonnière.

    Un des centres emplisseurs de la ELF Servigaz
    Dans les zones urbaines plusieurs combustibles sont utilisés, cependant le charbon de bois est utilisé par plus de 80% des ménages, soit comme combustible unique (65% de la population) soit comme combustible d’appoint 20% de la population). Ces pourcentages varient en fonction du niveau de vie des ménages. L’usage du charbon de bois par exemple est en voie d’abandon par les classes les plus riches.

    Parmi les autres combustibles, le  gaz occupe une place particulière dans la mesure où 40% des ménages urbains sont actuellement équipés en réchauds ou cuisinières à gaz et plus de la moitié soit 25% l’utilise comme combustible principal. Les autres combustibles (bois de feu, kérosène et électricité) sont utilisés par une fraction marginale de la population soit moins de 10%. Plus du tiers de ce pourcentage est attribué à l’électricité utilisé par  les classes pauvres des bidonvilles qui ont adopté ce combustible pour la cuisson à cause de son mode d’acquisition (branchement illégal non facturé).

    Promotion de Sources Alternatives d’Énergies

    Eu égard d’une part au déséquilibre croissant existant entre l’offre et la demande d’énergies, à l’échelle globale du pays et, d’autre part, aux incidences nocives de l’accélération du processus de déboisement sur l’environnement national, la promotion de sources locales et externes d’énergies, alternatives au bois de feu et au charbon de bois, se révèle une voie stratégique obligée, devant permettre, à terme, de faire face aux besoins internes de consommation, tout en préservant les maigres réserves ligneuses encore disponibles en  Haïti.

    Dans cette optique, l’emphase devra être mise en particulier sur:

    - La valorisation des ressources énergétiques nationales telles que le lignite, les résidus agro-industrielles et les brisures de charbon de bois1 .

    - L’utilisation rationnelle de la biomasse, tant par l’amélioration des systèmes d’exploitation et de carbonisation que par la vulgarisation de foyers améliorés dans les résidences.

    -  L’application de mesures concrètes (incitations), favorables à l’expansion de l’utilisation d’autres sources d’énergies de substitution entre autres: le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le kérosène, le diesel, le fuel oil, etc..., aussi bien dans l’industrie que dans les ménages.

    - La recherche et la vulgarisation de technologies exploitant des sources d’énergies nouvelles et renouvelables2  dont l’énergie solaire, l’énergie éolienne, le biogaz etc...,

    Comment économiser l’énergie de cuisson

    Il y a deux façons d’économiser l’énergie : a) à petite échelle en appliquant des règles d’utilisation établies par le fabricant ainsi que des techniques rationnelles de cuisson, c’est la méthode dite individuelle; b)  à grande échelle en mettant au point une politique publique appropriée qui tienne compte à la fois du marché des combustibles et des équipements appropriés ainsi que du contexte socioéconomique de la population cible. C’est la méthode dite collective. Dans les deux cas, l’utilisateur  est l’acteur principal et sa participation constitue la garantie du succès de l’opération.

    Telle que structurée, le système énergétique d’Haïti permet seulement d’agir sur l’économie d’énergie à petite échelle. Chaque utilisateur peut en effet décider d’adopter le combustible et l’équipement de cuisson qui lui convient. Il peut aussi décider d’adopter le mode de cuisson qui lui convient. Cependant, parmi tous  les modèles d’équipements, les type de combustibles, et les pratiques de cuisson existantes certaines ne favorisent pas les économies d’énergies. Le tableau ci-dessus montre les différents paramètres dont il faut tenir compte dans le choix des combustibles de cuisson en fonction des différentes sensibilités du consommateur.Combustible de cuisson  et paramètres susceptibles de guider le choix des consommateurs

    Combustible de cuisson  et paramètres susceptibles de guider le choix des consommateurs


    Types de combustibles  Qualité/confort  Prix du combustible  Investissement initial Impact sur effet de serre  Impact  sur la déforestation
    Résidus agricoles 
    -
    0
    0
    0
    0/-1
    Bois de feu
    1
    0/1
    0
    0/1
    0/-1
    Briquettes de paille
    1
    2
    1
    0
    -3
    Charbon de bois
    2
    2
    1
    4
    +3
    Charbon  minéral
    2
    2
    1
    5
     
    Briquettes carbonisés
    2
    2
    1
    source  secondaire
    +2
    Kérosène
    3
    1
    2
    4
    +3
    GPL
    4
    3
    3
    3
    +4
    Biogaz
    3
    5
    7
    0
    0/+1
    Electricité
    5
    4
    4
    source secondaire
    +4
    Energie Solaire
    1
    0
    2
    0
    +3

    Les chiffres indiquent par ordre croissant le niveau du paramètre pour chaque combustible considéré

    Par exemple en matière de coût,  l’utilisation des résidus agricoles du bois de feu, de l’énergie solaire et du kérosène  revient bon marché. Cependant le niveau de confort varie considérablement. Par contre, l’électricité, le GPL et le biogaz coûtent très chers mais donnent un niveau de confort élevé. Ces exemples montrent qu’il est important que le consommateur soit en mesure de bien prioriser les critères sur lesquels reposer son choix.

    Coûts comparés des combustibles de cuisson

    Une comparaison des coûts économiques de ces divers combustibles révèle que dans le contexte actuel le kérosène est la solution la plus économique (à condition de l’acheter à la pompe) suivi par le charbon de bois  (acheté par sac), ensuite par le gaz et enfin par l’électricité. Cette dernière est à déconseiller dans toute stratégie d’énergie de cuisson dans le cas d’Haïti. Ce type d’usage est irrationnel en matière en d’efficacité énergétique théorique pure.

    La situation réelle n’est pas tellement différente que la situation théorique. On voit en effet  que plus le rendement du réchaud est élevé plus le confort obtenu est élevé, mais les coûts sont aussi élevés.  Pour renverser une pareille tendance, c’est à dire favoriser l’utilisation de substituts au charbon de bois les pouvoirs publics doivent nécessairement intervenir. On sait en effet que parmi les combustibles de substitution le kérosène est en meilleure position en ce qui concerne les coûts à l’utilisation, cependant ce combustible ne représente pas le meilleur choix  du consommateur. Certains lui reprochent  d’être difficile à allumer (dans le cas de certains modèles de cuisinières) et de laisser son  odeur sur la main et dans les aliments.

    Le gaz en revanche attire   bon nombre de consommateurs à cause du niveau de confort fourni, cependant le coût est très élevé pour les usagers. Ceci  est dû au fait que les prix payés actuellement pour le gaz ne reflètent pas les coûts économiques réels de ce produit. Pareille situation plaide en faveur de l’action collective en vue de ramener le prix de ce combustible à la portée de la grande majorité des consommateurs. En effet, certaines actions de politique telles, la réduction des coûts du transport  et de stockage, l’ouverture du marché à la concurrence réelle etc..  peuvent  ramener le gaz à un niveau plus favorable que le kérosène. On voit donc qu’une politique publique rationnelle peut faire de ce combustible la meilleure alternative pour la pays non seulement à Port-au-Prince mais aussi dans les villes de province où le charbon de bois est meilleur marché que dans la capitale.

    Conclusion

    Économiser l’énergie dans les ménages implique donc une conjonction d’actions. Le consommateur doit d’abord être bien informé sur les combustibles et les équipements en vue de faire le meilleur choix car une fois l’équipement choisi, l’utilisateur est du même coup prisonnier du combustible qui lui est associé. Ils sont rares les équipements qui permettent d’utiliser plusieurs combustibles à la fois. Le premier investissement une fois consenti il est difficile de changer l’équipement acheté vu le niveau des débours consentis, le consommateur reste donc attaché au combustible en question malgré tous les problèmes (fluctuations fréquentes des prix à la hausse, coûts élevés à l’entretien, rareté dans l’approvisionnement, etc.).  C’est pourquoi, les ménages dotés d’installations mixtes sont en grand nombre c’est une façon pour eux d’amortir le choc représenté par les variations brusques des prix des combustibles importés.

    En fonction de l’objectif visé les pouvoirs publics doivent aussi s’impliquer en vue d’une part, d’informer le consommateur pour lui permettre de guider son choix et d’autre part, de favoriser la pénétration sur le marché du meilleur  combustible pouvant permettre de concrétiser la politique visée par le pays.

          1/ Si l’on observe de près le contenu d’un sac de charbon de bois tel que la détaillante l’ouvre au moment de sa vente par petits lots, l’on se rend facilement compte d’une perte voisine de 10% sur chaque sac de 50 livres entré à Port-au-Prince. (Carbonisation et Briquetage de Résidus Agricole en Haïti. Novembre 1994)

          2/  L’expérience du Centre las Gaviotas de Colombie peut servir comme projet pilote dans ce domaine.
     
    Editeur responsable : Andreas Massing
    Auteurs: Mildred D. Régis, Wilfrid St-Jean
    Conseiller technique: Bétonus Pierre 
    Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
    avec le soutien technique du REHRED
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    Port au Prince Haïti
    05/05/01
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